VIH: DÉCOUVERTE La ruse du VIH enfin décodée… Pré-victoire!

Anne-Caroline desplanques

Les Drs Éric Cohen et Mariana Bego, de Montréal, ont fait une percée historique qui pourrait contribuer à éradiquer le VIH/sida.

Le VIH/sida pourrait bien être éradiqué grâce à la contribution de deux scientifiques qui ont découvert comment le virus parvient à duper notre système immunitaire. Cette découverte «nous rapprochera d’une fin pour le VIH/sida», estime Robert Reinhard, du Consortium canadien de recherche sur la guérison du VIH (CanCURE). «On est très excités», se réjouit le Dr Éric Cohen, qui chapeaute CanCURE et dirige l’unité de recherche en rétrovirologie humaine à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM).

Son équipe a décodé un mode d’action du virus qui pourrait permettre d’élaborer un remède qui rétablirait nos mécanismes de défense immunitaire naturelle. Nous parviendrions ainsi à empêcher le VIH de se multiplier au point de devenir impossible à éliminer, comme c’est le cas actuellement. Le processus est le suivant: quand le VIH arrive dans notre corps, il est aussitôt repéré par les cellules immunitaires chargées de la défense immédiate contre les infections.

Celles-ci patrouillent en permanence dans le corps et, dès qu’elles repèrent un intrus, elles sécrètent un groupe de protéines nommées interférons. La mission de l’interféron est de déclencher les mécanismes de défense des cellules avoisinantes pour empêcher la propagation de l’intrus. Un des effets secondaires de cette lutte est la fièvre ressentie par la personne atteinte. Mais le VIH réplique en sécrétant une protéine virale qui bloque la sécrétion d’interféron. Sans ce signal d’alarme, les cellules ne se défendent pas. Le virus peut donc se multiplier à sa guise pour créer rapidement des réservoirs viraux dormants. «Les médicaments contrôlent le virus dans la phase de multiplication, mais n’ont aucun effet sur les réservoirs viraux latents. C’est pour ça qu’on est obligé de prendre la thérapie à vie», explique le Dr Cohen. Il estime que la découverte de son équipe pourrait contribuer à établir enfin «une stratégie pour une rémission totale».

Une génération sans VIH est désormais envisageable d’ici 2030, d’après le tout l’ONUSIDA, présenté par le secrétaire général de l’ONU. Entre 2000 et 2014, le nombre de nouvelles infections a en effet plongé de 35,5 %. De plus, le nombre de personnes traitées aux antirétroviraux est passé d’un million en 2001 à 15 millions en 2015. «Sur les 36,9 millions de gens infectés dans le monde, seulement 15 millions de personnes sont traitées», insiste le Dr Éric Cohen, virologue et directeur de l’unité de recherche en rétrovirologie humaine à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM). «Il faut trouver une solution pour ceux qui sont déjà infectés, qui vieillissent avec le virus et subissent des complications importantes».

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *