RFI
Le Sidaction, un appel aux dons pour lutter contre le VIH, commence ce vendredi 4 avril pour se terminer dimanche. De plus en plus de Français découvrent leur séropositivité après 50 ans. C’est ce qui ressort d’une étude qui vient d’être publiée par l’Institut de veille sanitaire sur l’année 2012. C’est la seule catégorie d’âge concernée par cette augmentation.
En France, en 2012, 6 400 personnes ont découvert qu’elles étaient atteintes du Sida. Sur ce total, une personne sur cinq qui découvre sa contamination par le VIH a plus de 50 ans. Un dépistage tardif qui inquiète Françoise Cazin, épidémiologiste à l’Institut de veille sanitaire (Invs). « Cela pose un problème individuel, c’est-à-dire que lorsque l’on est diagnostiqué tardivement, on ne peut pas bénéficier d’une prise en charge médicale. Cela pose aussi un autre problème au niveau de la population, puisque quand on n’est pas traité, on a plus de virus circulant dans le sang, et, donc, on est plus source de contamination pour ses partenaires sexuels », expose le chercheur.
Augmentation des prises de risque
Première raison de ces dépistages tardifs : les personnes ne se sentent pas concernées par le virus du sida. « Elles se sentent moins à risque que les jeunes, estime Françoise Cazin. Quand on parle de risque de VIH, on pense souvent à la population jeune, et les personnes d’un certain âge en parlent sans doute moins volontiers à leurs médecins et les médecins pensent aussi peut-être moins souvent à proposer un test VIH à leurs patients seniors plutôt qu’à leurs patients les plus jeunes. »
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Autre raison : une contamination après le passage à la cinquantaine liée souvent à une nouvelle vie. « Il y a des gens qui reprennent une sexualité à un âge plus avancé. Il y a une modification de l’image des personnes âgées et de ce qu’elles se sentent autorisées à faire, des remariages, etc… On peut penser qu’il y a une augmentation des prises de risques, dans un contexte où l’on parle moins du sida chez les personnes de cet âge-là », explique Franck Barrier, responsable du pôle santé à Aids, association de lutte contre le VIH.