VIH ET VIEILLISSEMENT

Séronet

Fin novembre 2015, SIS Observatoire a présenté, lors d’une conférence de presse sur l’infection VIH chez les plus de 40 ans, organisée par HF Prévention, les résultats de son enquête conduite en 2015 : «Vivre avec le VIH après 40 ans. Avancée en âge et parcours de soins».

L’objectif de cette enquête, réalisée par Mathilde Coudray et Élisabeth de Carvalho, était de mieux connaître les personnes vivant avec le VIH de plus de 40 ans afin de «pouvoir élaborer de nouveaux axes de prises en charge». Points clefs des résultats de cette enquête.

En France, environ 150000 personnes vivent avec le VIH. C’est ce qu’indique le rapport d’experts Morlat 2013. «Avec l’avènement des traitements antirétroviraux, l’espérance de vie des personnes vivant avec le VIH a considérablement augmenté, entraînant un vieillissement de cette population», rappelle SIS Observatoire. «De plus, la proportion des personnes âgées d’au moins 50 ans parmi les découvertes de séropositivité a augmenté de cinq points entre 2003 et 2011 pour atteindre 17 %. Ainsi, en France métropolitaine, près d’un quart des personnes vivant avec le VIH a moins de 40 ans et deux sur cinq ont au moins 50 ans».

Par ailleurs, note l’association, «des comorbidités associées au vieillissement dans la population générale apparaissent davantage et plus tôt chez les personnes vivant avec le VIH : troubles métaboliques, ostéoporose, cancers (non classant sida), etc.» Suite à une enquête menée en 2009, SIS Observatoire alertait sur «l’accumulation des difficultés avec l’ancienneté du diagnostic chez les personnes vivant avec le VIH de 40 ans et plus», d’où l’idée en 2015 de proposer une nouvelle étude sur la vie avec le VIH après 40 ans en «s’intéressant plus spécifiquement au parcours de soins et aux préoccupations liées à l’avancée en âge.»

Les participants sont des hommes pour 75,8 %, avec un âge moyen de 52 ans. 67,5 % d’entre eux vivent dans une grande ou moyenne ville. En moyenne, les participants vivent depuis dix-huit ans avec le VIH, la quasi-totalité est sous traitements anti-VIH (97,4 %), et ce, depuis douze ans et six mois en moyenne. Moins d’une personne sur dix a une charge virale détectable ou instable (7,2 %). Les femmes vivent depuis plus longtemps avec le VIH : vingt-deux ans contre seize ans et six mois pour les hommes. Une personne sur cinq est concernée par une co-infection avec le VHC (9,8 %), le VHB (5,7 %) ou les deux (1,5 %). Dans l’enquête, six personnes sur dix indiquent avoir été diagnostiquées pour  au moins l’une des comorbidités suivantes (62,9 %): dyslipidémies (problèmes de graisses dans le sang), pathologies cardio-vasculaires, ostéoporose/ostéopénie, troubles cognitifs, maladies rénales ou diabète. Les dyslipidémies correspondent à la première comorbidité diagnostiquée, suivi des pathologies cardio-vasculaires et de l’ostéoporose/ostéopénie. Les troubles cognitifs et les maladies rénales sont moins fréquents et le diabète concerne moins d’une personne sur dix, indique l’enquête de SIS. De «nombreuses inquiétudes catalysées par l’avancée en âge» s’expriment. Les personnes vivant avec le VIH envisagent «leur futur de façon globalement pessimiste». «La quasi-totalité des participants est préoccupée par la question du vieillissement (91,7 %), et plus de deux sur cinq le sont beaucoup, voire extrêmement (44,3 %). Cette problématique concerne particulièrement les femmes, celles-ci montrant un niveau de préoccupation plus élevé : 25,5 % le sont extrêmement contre 11,6 % des hommes», expliquent les auteurs de l’enquête.

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