
Selon: Université de Sherbrooke
Photo: Mathieu Lanthier – Université de Sherbrooke
Les diagnostics du VIH ont augmenté de 25 % au Canada entre 2021 et 2022, et de 120 % dans la ville de Montréal seule, un contexte très préoccupant malgré quatre décennies de recherche acharnée dans la lutte contre ce virus. Une récente découverte de l’Université de Sherbrooke ravive l’espoir de trouver une solution définitive à cette pandémie. Ces résultats encourageants interviennent après plus de 30 ans d’efforts dans les laboratoires du monde entier pour trouver les « clés » de la latence du VIH.
L’équipe de recherche de Brendan Bell, professeur-chercheur au Département de microbiologie et d’infectiologie de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke, travaille depuis plus de 10 ans sur une meilleure compréhension de ce virus qui attaque le système immunitaire du corps. Cette équipe a découvert une « clé » moléculaire jouant un rôle important dans le contrôle de la réplication active ou de l’état dormant du virus.
L’état dormant, ou latent, constitue l’obstacle principal à la guérison du VIH et est un problème majeur pour le développement d’un vaccin contre celui-ci. Lors de la latence, le virus s’intègre dans notre propre ADN et ne peut pas être ciblé par les médicaments antirétroviraux (ARV) actuellement disponibles. De plus, la capacité du VIH à établir rapidement la latence dans le corps humain permet au virus de se cacher de notre système immunitaire. Les récents résultats de l’équipe ont été publiés dans le prestigieux journal international PLOS Pathogens.
En collaboration avec l’équipe du professeur Pierre Lavigne du Département de biochimie et de génomique fonctionnelle de l’UdeS, elle a démontré que le complexe de protéines reconnaît spécifiquement la région promotrice centrale du VIH, comme une clé reconnaît une serrure de façon spécifique. Des collaborations internationales sont en cours pour traduire la découverte de ces protéines en molécules cliniquement utiles. Si cela réussit, les travaux pourraient offrir de nouvelles perspectives pour lutter contre d’autres virus distincts, tels que l’herpès, qui échappent également au système immunitaire en se cachant dans le corps sous une forme latente.
(Photo : Le professeur Bell et sa doctorante Morgane Da Rocha espèrent désormais exploiter le pouvoir de l’intelligence artificielle pour identifier de petites molécules pouvant avoir un impact sur la latence du VIH dans la recherche d’une solution pour éradiquer la pandémie du VIH.)