LA COVID SELON LA MIE MATINALE

Par Roger-Luc Chayer

Le Magazine Gay Globe, dans le cadre d’un projet de témoignages de nos partenaires sur leur vécu pendant la crise sanitaire de la COVID au Québec, vous présente l’entrevue accordée par Monsieur Régis Menetrey, de la fameuse boulangerie-viennoiserie La Mie Matinale à Montréal.

Tout d’abord, faire une entrevue avec Régis Menetrey est une expérience extra-ordinairement surréaliste. Connu de tous pour sa répartie humoristique continuelle, lui parler de l’expérience de sa boulangerie en temps de COVID m’a presque fait du bien.

« Nous, dès le début de l’urgence sanitaire, quand tout a été ordonné fermé ou presque, j’ai eu quelques inquiétudes, mais on a su rapidement que nous étions un commerce essentiel, donc on pouvait continuer à fonctionner. Par contre, pendant les premiers mois, c’était au point mort, les gens restaient chez eux et le chiffre d’affaires a énormément chuté.  Je n’ai pas vraiment ressenti d’anxiété ou de stress personnellement avec la crise sanitaire, ce n’est pas ma nature. 

Je me disais que c’était un peu vague tout ça, on ne savait pas ce que c’était et où on allait, mais je ne suis pas du genre à m’alarmer, j’ai été très calme, même stoïque, de toute façon paniquer n’aurait servi à rien », raconte le propriétaire de la boulangerie comportant le mini-musée Céline Dion et Dalida, dans le Village, qui n’a jamais fermé tout au long de l’état d’urgence sanitaire.

La pandémie a été une chose, mais ce qui s’est greffé comme autres problèmes n’est pas évident à gérer, nous explique Régis: « On a une forte remontée de la clientèle, mais avec l’augmentation du coût de la nourriture, nos fournisseurs nous doublent presque les prix sur la farine, le lait, les oeufs, eh ben la marge de profit diminue, elle. On ne peut tout de même pas vendre un sandwich 20$ ou un croissant 7$, donc on fonctionne avec des profits réduits. Il nous faudrait encore plus de clients pour fonctionner sur un volume de ventes qui améliorerait les choses.

On a 3 ou 4 clients qui sont décédés de la COVID. Nous, à La mie Matinale, personne n’a contracté la maladie, mais il faut dire que dès le début, on a mis en place des mesures très sévères pour nous protéger et protéger les clients à un point tel que lors d’une visite surprise d’inspection sanitaire de la CNESST, on a reçu une note parfaite parce qu’on en faisait plus que ce qui était demandé.

D’abord on a fait imprimer une série d’affiches, avec les consignes clairement édictées à respecter, comme le lavage des mains, la distanciation, le masque et le nombre limité de clients qui pouvaient entrer, les autres devaient attendre dehors en ligne. Ensuite, j’ai placé un banc qui maintenait une distance entre les clients et moi au comptoir et je suis allé jusqu’à stériliser toute la monnaie, pièces et billets, que je lavais systématiquement sur réception avec un peu d’eau de Javel dans de l’eau. Ça s’est très bien passé, mais évidemment, nous avons tous été témoins des impacts de la pandémie sur l’économie du Village et ça me désole de lire dans les médias que les pires faillites sont sur le point d’arriver en 2023. Est-ce que ça va finir un jour? » concluait Régis Menetrey qui, il faut l’avouer, fait certaine-ment les meilleures spécialités de boulangerie et de viennoiserie dans tout le Village gai de Montréal. Merci, Régis, pour cette entrevue.

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