Homophobie d’État: Le Zanzibar

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Le Zanzibar, en forme longue à sa création, la république populaire de Zanzibar, était un État indépendant issu de la décolonisation britannique du protectorat de Zanzibar le 10 décembre 1963, qui fut incorporé au Tanganyika le 26 avril 1964 en tant que gouvernement révolutionnaire de Zanzibar pour former la Tanzanie actuelle.

La naissance de l’État de Zanzibar se fait dans l’agitation avec des émeutes raciales durant les élections législatives de 1961. Les Britanniques, réalisant qu’une autodétermination est inévitable, mettent fin au protectorat et accordent l’indépen-dance à Zanzibar le 10 décembre 1963 sous la forme d’un sultanat membre du Commonwealth avec à sa tête Jamshid bin Abdullah, le sultan au pouvoir depuis juillet 1963.

Le coût humain de cette révolution est élevé puisqu’elle s’accompagne de massacres et de pillages visant princi-palement les propriétaires terriens et les riches commerçants arabes ainsi que leurs relais indiens. Ces violences font plusieurs milliers de victimes (certaines sources parlent de cinq mille morts, d’autres de dix-sept mille) et des milliers d’habitants sont chassés. Le 18 janvier 1964, l’île de Pemba déclare son indépendance vis-à-vis de la république populaire de Zanzibar et adopte son propre drapeau. Cette nouvelle république est éphémère: elle est réintégrée le même mois à Zanzibar.

L’homosexualité y est passible d’une peine de trente ans de prison ou de prison à vie. La presse observe que la situation des personnes LGBT empire à partir de l’élection du président John Magufuli en 2015.

En 2017, la ministre de la santé fait fermer des centres privés spécialisés dans la lutte contre le sida, sous le prétexte qu’ils faisaient la promotion de l’homosexualité. Le ministre adjoint de la santé annonce une campagne de publication des noms d’hommes soupçonnés de se livrer à la prostitution homosexuelle. En 2018, le gouverneur de la région de Dar es Salam annonce une campagne de dénonciation et d’expulsion des homosexuels dans sa région. À la suite de cette nouvelle, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, exprime son inquiétude pour le sort des personnes LGBT en Tanzanie. Dix hommes sont arrêtés dans l’archipel de Zanzibar, soupçonnés d’homosexualité et de vouloir organiser un mariage gay. La ministre danoise pour la coopération et le développement Ulla Tørnæs annonce la suspension d’une aide de 9,8 millions de dollars pour la Tanzanie.

Plusieurs militants LGBT vivent dans la clandestinité, changent de région ou quittent le pays en raison des persécutions qui les ciblent. En 2019, les autorités tanzaniennes se retirent du protocole de plainte contre le gouvernement devant la Cour africaine des droits de l’homme. 

En 2020, un rapport de l’organisme Human Rights Watch révèle que l’accès aux soins de santé des personnes LGBT et séro-positives est entravé par la politique du gouvernement. Les couples homosexuels ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale. L’adoption homoparentale n’est pas autorisée.

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