

Roger-Luc Chayer (Images : Facebook)
Quand Donald Trump trolle même le Premier ministre du Canada
Quand Donald Trump n’obtient pas ce qu’il veut, il trolle, et même le premier ministre du Canada n’y échappe pas.
Depuis quelques jours, la page Instagram « Donald Trump for President » multiplie systématiquement les insultes et publie même des mensonges afin, évidemment, de susciter de la sympathie auprès de ses abonnés. Un exemple flagrant de mensonge est lorsqu’il affirme que le premier ministre Mark Carney songerait à entrer en guerre contre les États-Unis pour défendre le Groenland, ce qui est absolument faux. Il suffit ensuite de lire les commentaires, comme « Ils vont rentrer la queue entre les jambes et partir en courant », pour mesurer le mépris ambiant, vous en conviendrez. Mais Donald Trump n’en est pas à ses premiers mensonges.
Les raisons politiques derrière les mensonges de Donald Trump
Donald Trump recourt continuellement au mensonge pour plusieurs raisons qui relèvent avant tout de sa stratégie politique et de sa personnalité publique. Le mensonge lui permet de contrôler le récit médiatique, de détourner l’attention lorsqu’un sujet lui est défavorable et de maintenir une présence constante dans l’actualité. En exagérant, en inventant ou en déformant les faits, il mobilise sa base électorale en jouant sur l’émotion plutôt que sur la rationalité, car l’indignation, la peur ou le sentiment d’appartenance sont souvent plus efficaces que des arguments factuels. Cette méthode s’inscrit aussi dans une logique de confrontation permanente où la provocation devient un outil pour affaiblir ses adversaires, décrédibiliser les institutions et installer l’idée que seule sa parole mérite confiance.
Donald Trump et la question psychologique
Sur le plan psychologique, il est important de faire une distinction claire entre un comportement problématique et une maladie mentale. À ce jour, aucun diagnostic médical sérieux et public ne permet d’affirmer que Donald Trump souffre d’une maladie mentale expliquant ses mensonges. L’attribuer à une pathologie serait à la fois spéculatif et réducteur. De nombreux spécialistes s’accordent plutôt pour parler de traits de personnalité marqués, comme un narcissisme élevé, une faible tolérance à la contradiction et une tendance à percevoir le monde en termes de gagnants et de perdants. Dans ce cadre, le mensonge n’est pas nécessairement vécu comme immoral ou problématique, mais comme un outil parmi d’autres pour dominer l’espace public et préserver une image de puissance.
Le rôle des médias et des réseaux sociaux
Il faut aussi tenir compte du contexte médiatique contemporain. Les réseaux sociaux, les chaînes d’information en continu et la polarisation extrême favorisent les discours simples, choquants et souvent faux, car ils circulent plus vite et plus loin que les nuances ou les rectifications. Donald Trump exploite parfaitement cet environnement, sachant que même un mensonge démenti peut produire l’effet recherché. Ses déclarations relèvent donc moins d’une incapacité à distinguer le vrai du faux que d’un choix délibéré, inscrit dans une stratégie de communication où la vérité devient secondaire face à l’impact politique.
Les mensonges de Donald Trump sur les questions LGBT
Donald Trump a souvent été critiqué pour ses positions et déclarations sur les questions LGBT, certaines considérées comme mensongères ou trompeuses par ses détracteurs et défenseurs des droits LGBT. Voici quelques-unes des affirmations les plus controversées ou contestées liées à ce sujet durant sa présidence et sa campagne :
- Le mythe du « bain mixte » dans les écoles — Trump a parfois laissé entendre que les protections accordées aux élèves transgenres mettaient en danger les filles dans les écoles, notamment en évoquant des « salles de bains mixtes » utilisées par des « prédateurs ». Cette affirmation a été largement démentie par des études et experts qui montrent qu’il n’y a pas d’augmentation de crimes liés à ces politiques.
- La suppression des protections pour les personnes trans dans l’armée — Trump a annoncé en 2017 qu’il interdisait aux personnes transgenres de servir dans l’armée, affirmant que cela coûtait trop cher et nuisait à la discipline. Ces justifications ont été contestées, car plusieurs études indiquaient que le coût et l’impact étaient minimes, et que cette mesure violait les droits des militaires trans.
- Minimisation des violences anti-LGBT — Trump et certains membres de son administration ont parfois minimisé ou ignoré la gravité des violences ciblant la communauté LGBT, notamment en n’abordant pas clairement les questions liées à la haine anti-transgenres, ce qui a été perçu comme un déni ou une négligence.
- La rhétorique sur la liberté religieuse comme couverture à la discrimination — Trump a souvent défendu des politiques dites de « liberté religieuse » qui ont permis à certaines entreprises ou institutions de refuser des services aux personnes LGBT, en prétendant protéger la liberté d’expression, alors que cela a souvent été vu comme une justification déguisée de discrimination.
- La fausse promesse de protéger les droits LGBT — Lors de sa campagne, Trump a affirmé qu’il soutenait les droits LGBT, notamment la non-discrimination, mais ses actes en politique ont fréquemment démenti ces déclarations, avec notamment le retrait de protections contre la discrimination pour les personnes transgenres dans divers secteurs.
Ces mensonges ou déformations ont eu des conséquences très réelles sur la vie de nombreuses personnes LGBT, en augmentant leur vulnérabilité face à la discrimination, la stigmatisation et la violence.
Supporter Donald Trump jusqu’aux prochaines élections
Nous devons donc prendre notre mal en patience et supporter, comme le reste de la planète, les affres de ce menteur manipulateur jusqu’aux prochaines élections de mi-mandat pour le Congrès, ou encore pour trois années de plus si les démocrates ne parviennent pas à reprendre le contrôle des deux chambres du Congrès américain cet automne.
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