ADAM RIPPON: OUI ET APRÈS?

Carle Jasmin

Adam Rippon est un patineur artistique membre de l’équipe olympique américaine aux jeux d’hiver de PyeongChang en 2018. Il a remporté une médaille de bronze en équipe, mais s’est fait particulièrement remarquer lorsqu’il a annoncé son homosexualité à la veille des jeux et parce qu’il a refusé de rencontrer le vice-président américain Mike Pence, qui représentait la délégation olympique américaine. Jusque-là, rien à redire si ce n’était de la vaste récupération qui s’en est suivie.

Depuis la fin des olympiques, voilà que le monde communautaire LGBT donne un statut de révolutionnaire-superstar-mégamilitant-héroique au sportif, à tel point que, suivant le mouvement, Adam Rippon lui-même commence à montrer des signes d’arrogance et de snobisme.

Il a certainement bien fait de se déclarer homo si c’était son souhait, avec les olympiques, il était bien placé pour montrer l’exemple aux jeunes et moins jeunes, mais ce qu’il est en train de devenir, avec la complicité de groupes en manque de fierté, ne sert absolument pas les personnes LGBT dans leur ensemble. Au contraire, cette arrogance et cette obstination à vouloir diriger l’image de ce que nous sommes collectivement est en train de gâcher les aspects positifs de ce qu’il avait réussi à accomplir avant et pendant les jeux.

Monsieur Rippon n’est pas la première personnalité publique à être sortie du placard pour donner un exemple positif d’épanouissement gai. Nous sommes tout de même en 2018 et de tels exemples se comptent par milliers de nos jours.

Pensons à Tim Cook, patron d’Apple, à Anderson Cooper et Don Lemon de CNN, à Ellen DeGeneres, à Zachary Quinto dans Star Trek et, plus près de nous à la Première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, à l’animateur Michel Jasmin et au chroniqueur mondain Michel Girouard. Il existe aussi des milliers d’artistes, de scientifiques, d’intellectuels et de sportifs qui affichent ouvertement leur homosexualité et qui ne réclament pas une statue au coeur de Rome pour vivre leur vie au quotidien.

Un exemple de manipulation exagérée de l’homosexualité de Monsieur Rippon est la page Facebook du Collectif Carré Rose, qui partage à outrance plusieurs messages par jours sur Rippon du genre «Adam Rippon: mom «would kill me» if i treated people the way that Donald Trump Has», «Sally Field’s dreams come true as Adam Rippon finally meets her son», «Adam Rippon responds to being called America’s first ‘respected Faggot» ou encore «Adam Rippon just won the gold medal in talk show interviews» alors qu’il était reçu par Ellen DeGeneres. Il faut dire que le site du collectif est réputé pour son militantisme extrême et qu’il fait dans la démesure de manière à influencer le plus possible et de façon totalement artificielle la perception qu’a le public en général des communautés LGBT.

Loin de moi l’idée de vouloir diminuer les accomplissement d’Adam Rippon, le public l’aime et avec les 64,000 membres de sa page Facebook, il fait la démonstration qu’il est capable d’être un bon exemple sportif à suivre. Ce qu’il faut craindre, selon moi, est que sa nouvelle arrogance ne provoque un effet de rebond dans la société qui viendrait gâcher les aspects positifs de ce qu’il représente. Prudence avec la notoriété vite acquise et la manipulation!

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