
Carle Jasmin (Image : IA / Gay Globe)
Je me suis souvent demandé si des gays, des lesbiennes ou des personnes trans étaient déjà allés dans l’espace. Pendant longtemps, je me suis dit que cela ne pouvait pas exister. Puis, en faisant quelques recherches, la surprise : oui, des hommes et des femmes issus des communautés LGBT ont bel et bien participé à des missions spatiales majeures — et pas seulement pour quelques minutes, mais au cœur de programmes historiques.
Sally Ride : première Américaine dans l’espace et icône LGBT malgré elle
Il y a des destins qui semblent écrits dans les étoiles. Celui de Sally Ride commence pourtant simplement, le 26 mai 1951, à Los Angeles. Enfant brillante, sportive accomplie — elle envisage un temps une carrière professionnelle en tennis — elle choisit finalement la physique. À Stanford, elle décroche un doctorat en astrophysique. Une trajectoire déjà impressionnante.
En 1977, elle répond à une petite annonce : la NASA recrute des astronautes. Parmi plus de 8 000 candidats, elle est sélectionnée. En 1983, à bord de la navette Challenger, elle devient la première Américaine dans l’espace. À 32 ans, elle incarne une Amérique scientifique, ambitieuse, moderne. Face aux questions parfois sexistes des médias, elle garde calme et humour. Elle est là pour travailler, pas pour jouer un rôle.
Elle retourne en orbite en 1984 et participe plus tard aux commissions d’enquête sur les catastrophes de Challenger et Columbia. Scientifique respectée, pédagogue engagée, elle fonde Sally Ride Science pour encourager les jeunes — surtout les filles — à embrasser les carrières scientifiques.
Mais une autre dimension de son histoire ne sera connue qu’après sa mort. Pendant près de trente ans, elle partage sa vie avec Tam O’Shaughnessy. Leur relation reste privée. Dans les années 1980, être ouvertement homosexuelle au sein d’une institution fédérale liée au secteur militaire aurait pu briser une carrière.
À son décès en 2012, sa nécrologie mentionne sa partenaire de 27 ans. Sans déclaration militante, sans effet d’annonce. Juste la vérité. Sally Ride devient ainsi la première astronaute américaine connue pour avoir été lesbienne. Une révélation qui ajoute une profondeur nouvelle à son héritage.
Anne McClain : une astronaute ouvertement lesbienne d’une nouvelle génération
Avec Anne McClain, on change d’époque. Née en 1979 à Spokane, elle choisit d’abord l’armée. Diplômée de West Point, pilote d’hélicoptère de combat en Irak, elle cumule distinctions et diplômes, dont un master en ingénierie aérospatiale. En 2013, elle est sélectionnée par la NASA.
En décembre 2018, elle décolle vers la Station spatiale internationale. Elle passe 204 jours en orbite et effectue deux sorties extravéhiculaires. Discipline militaire, précision scientifique, sang-froid : elle incarne la rigueur moderne du corps des astronautes.
Contrairement à la génération précédente, Anne McClain est ouvertement lesbienne. Son orientation n’est ni un secret ni un manifeste. Elle en parle avec naturel. Ce simple fait marque une évolution majeure : quelques décennies plus tôt, cela aurait pu compromettre une carrière militaire et spatiale. Aujourd’hui, cela fait partie d’une identité assumée.
Sa visibilité contribue à normaliser la présence des personnes LGBT dans l’exploration spatiale. Moins spectaculaire qu’un décollage, mais tout aussi significatif.
Luca Parmitano : un allié LGBT dans l’espace européen
Le cas de Luca Parmitano est différent, mais tout aussi intéressant. Astronaute italien de l’Agence spatiale européenne, pilote de chasse et ingénieur, il effectue sa première mission en 2013. En 2019, il devient commandant de la Station spatiale internationale, une première pour un Italien.
Il n’est pas homosexuel, mais il s’est démarqué comme allié des communautés LGBT. Sur les réseaux sociaux, il a affiché son soutien à la Pride et aux droits LGBTQ+. Un geste qui peut sembler simple, mais qui prend une portée particulière dans un milieu longtemps perçu comme conservateur, et venant d’un militaire de haut rang.
Depuis l’orbite, les frontières disparaissent. Sa vision d’une humanité unie s’accorde naturellement avec les valeurs d’égalité et d’inclusion.
Y a-t-il déjà eu des astronautes trans ?
À ce jour, aucun astronaute, cosmonaute ou taïkonaute ouvertement transgenre n’a volé dans l’espace.
Aucune grande agence — NASA, ESA, agence spatiale russe, chinoise ou canadienne — n’a confirmé la présence d’une personne trans parmi ses astronautes en mission orbitale. Cela ne signifie pas que cela n’arrivera jamais. Les critères médicaux et psychologiques ont longtemps été extrêmement restrictifs, rendant l’accès presque impossible pour les personnes trans dans le passé.
Aujourd’hui, les politiques de non-discrimination ont évolué. Avec l’essor du secteur spatial privé, notamment chez SpaceX et Blue Origin, les profils des futurs voyageurs spatiaux pourraient devenir plus diversifiés.
Il est donc probable qu’une personne ouvertement trans participe à une mission spatiale dans les prochaines années. L’histoire de l’espace continue de s’écrire — et elle devient, peu à peu, plus inclusive.
PUBLICITÉ

LIRE AUSSI:
Pèlerinage LGBT à Rome : polémique autour des propos du cardinal Gerhard Müller
Une analyse qui traite d’un événement culturel et social entourant la communauté LGBT lors d’un pèlerinage à Rome, marquant la tension entre institutions religieuses et personnes LGBT.
🔗 https://gayglobe.net/pelerinage-lgbt-a-rome/
Jeunes homosexuels, lesbiennes et transgenres : comprendre et agir face à la détresse mentale
Cet article aborde la détresse psychologique chez les jeunes LGBT et propose des pistes de compréhension et d’action pour mieux soutenir ces personnes.
🔗 https://gayglobe.net/jeunes-homosexuels-lesbiennes-et-transgenres-comprendre-et-agir-face-a-la-destresse-mentale/
Saunas gays dans le monde : chiffres, histoire et un modèle quasi absent chez les femmes lesbiennes
Une plongée culturelle et historique dans l’univers des saunas gays, avec une réflexion comparative qui met en lumière des réalités variées au sein des communautés LGBT.
🔗 https://gayglobe.net/saunas-gays-dans-le-monde-chiffres-histoire-et-un-modele-quasi-absent-chez-les-femmes-lesbiennes/