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Virgile, en latin Publius Vergilius Maro (né vers le 15 octobre 70 av. J.-C. à Andes, dans l’actuelle Lombardie et mort le 21 septembre 19 av. J.-C. à Brindes dans le Sud), est un poète latin contemporain de la fin de la République romaine et du début du règne de l’empereur Auguste. Son œuvre, notamment ses trois grands ouvrages qui représentent chacun un modèle dans leur style (L’Énéide en style noble, Les Bucoliques en style bas (ou humble) et Les Géorgiques en style moyen), est considérée comme représentant la quintessence de la langue et de la littérature latine. Elle a servi de référence et même d’idéal esthétique à des générations de lettrés européens, en particulier chez les défenseurs du classicisme. Virgile, sans aucun doute le plus grand poète latin, passa une grande partie de sa vie en Campanie. Célébré de son vivant pour son savoir, son génie littéraire et sa vertu, il commença à être vénéré après sa mort en 19 av. J.-C : enterré à Naples, sa tombe devint un lieu sacré et Rome lui consacra la fête des Ides d’octobre, jour de sa date de naissance (un 15 octobre). Puis divers syncrétismes s’opérèrent. Sa célébration commença peu à eu à être assimilée à d’autres cultes existants et répondant à des vertus réelles ou présumées du poète : la Grande Mère pour la fécondité, Apollon pour le soleil, la sirène Parthenope pour la virginité, la Sybille pour la prophétie… Même le christianisme naissant assimila Virgile, certains passages des Bucoliques (la quatrième églogue) ayant été interprétés assez tendancieusement comme annonciateurs de l’arrivée du Christ : l’empereur Constantin ou encore Saint-Augustin contribueront à propager cette lecture.
À Naples, ce n’est finalement qu’au moyen-âge que le culte virgilien commença à être remplacé progressivement par ceux des saints ; à cette époque, l’Eglise fit même de Virgile, auquel les croyances populaires attribuaient désormais des pouvoirs magiques, un vulgaire nécromancien adepte de magie noire. Virgile fut très attaché à Naples et à la Campanie : il y résida, y situa de nombreux épisodes clés de son Enéide, et y reposa après sa mort. La ville le lui rendit bien puisque s’y développa fortement le culte du poète. Des symboles importants de l’identité de la cité lui furent attachés : la virginité et l’hermaphrodisme (Virgile étant considéré comme chaste, voire présumé homosexuel), ou encore l’œuf. L’oeuvre anonyme Cronaca di Partenope datant du 14e siècle et narrant l’histoire de Naples de l’antiquité jusqu’en 1343 fait une part belle à Virgile et aux légendes qui l’entourent, contribuant ainsi à les propager. La tradition populaire napolitaine transforma peu à peu Virgile en mage thaumaturge, la ville ayant été témoin de ses pouvoirs surnaturels et de ses multiples prodiges : il aurait ainsi caché un œuf magique dans le Castel dell’Ovo dont la destruction entrainerait la ruine de la cité ; grâce à un rayon de soleil, il aurait creusé en une nuit le tunnel de la Crypta Neapolitana afin de permettre aux pauvres d’aller guérir leurs maux dans les champs phlégréens ; il aurait disposé du pouvoir de créer des sculptures magiques : il serait ainsi le créateur d’une statue d’un cheval dotée de pouvoirs de guérison miraculeux, ou encore d’une mouche en or qui aurait chassé les mouches de Naples… Enfin, un laurier poussa spontanément près de sa tombe et était supposé avoir des propriétés miraculeuses : c’est pourquoi les femmes en cueillaient et mâchaient les feuilles…