C’est pour moi l’autotest du sida ?

Ouest-france.fr

Dr Brigitte BLOND.

Le virus court toujours et les traitements ne permettent pas encore de guérir la maladie. L’autotest peut alors se révéler utile. Explications.

Ce test est-il bien utile ?

Oui, certainement, puisqu’encore 7 000 nouvelles personnes sont contaminées chaque année, en France, par le VIH ou, plutôt, 7 000 sont effectivement identifiées…

Près de 30 000 personnes ignorent encore qu’elles sont contaminées. Ce qui représente autant de courroies de transmission d’un virus parfaitement contagieux, à moins que l’on ne se protège, par un préservatif, qui reste à ce jour le meilleur moyen de prévention.

Quelles différences avec les tests en laboratoire ?

L’autotest permet de faire chez soi un test et d’en connaître rapidement le résultat. Ce test est fiable s’il est réalisé effectivement plus de trois mois après un rapport possiblement contaminant.

S’il est positif, il doit de toute façon être confirmé par un test en laboratoire ou dans un centre de dépistage anonyme et gratuit (1). Le médecin de famille ou celui du centre prend ensuite le relais pour un éventuel traitement.

Attention, si le contact à risque a été pris avant cette « fenêtre de séroconversion » de trois mois, l’autotest est négatif. Pourtant, on peut être très infecté et donc très contagieux (via un rapport sexuel ou un échange de seringue). Dans un laboratoire classique, on peut connaître son état, contaminé ou non, six semaines après le rapport à risque.

Pourquoi savoir au plus tôt ?

Pour être traité au plus vite, limiter l’impact de la maladie pour soi et bien sûr arrêter la chaîne de transmission en se protégeant systématiquement. L’autotest a été pensé pour ceux qui ne pourraient pas ou ne voudraient pas se faire dépister dans les circuits habituels, pour différentes raisons (accès aux centres de dépistage difficile, par exemple).

Autre cible visée, les hétérosexuels qui ne se croient pas concernés, à tort. En réalité, ils sont surtout plus nombreux à ne pas se savoir contaminés par ce virus.

Comment ça marche ?

Le kit de ce test d’« orientation diagnostique » (Autotest VIH® de Mylan, seul validé à ce jour) est disponible depuis septembre 2015 dans le réseau pharmaceutique (y compris en ligne), à un prix entre 25 et 30 €. Il est gratuit dans les circuits de prévention du VIH et dans les associations de patients. Il ne détecte que le VIH, pas les autres maladies sexuellement transmissibles.

Le résultat est disponible en quinze minutes à partir d’une goutte de sang, pour un risque pris il y a plus de trois mois. Si le test est positif, il doit être confirmé au laboratoire, après avis et soutien médical.

Enfin, l’autotest est à usage unique. Il ne peut donc servir qu’une fois.

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