C’est un rêve d’enfance qui se réalise pour moi avec cette édition. Parler de Jonathan Harris, le trop célèbre Docteur Smith dans la série culte de science-fiction Perdus dans l’espace, mais dans une perpective tout à fait nouvelle, celle de son homosexualité. Même si M. Harris a été très populaire dans les années 60, une époque où on ne parlait jamais de son orientation sexuelle de peur de perdre des rôles à la télévision ou au cinéma, Jonathan Harris, lui, non seulement ne cachait pas son homosexualité, il vivait très ouvertement sa vie tant devant ses collègues acteurs qu’avec les équipes de production. Si plusieurs scènes de la série Perdus dans l’espace suscitent clairement des questions sur les manières démontrées par le Dr Smith ou sa propension au grand luxe, c’est qu’il improvisait lui-même les scènes en y ajoutant son style personnel, sans aucune inhibition! Dans une entrevue télévisée datant de 2015, l’actrice June Lockhart, qui jouait le rôle de Maureen Robinson, la mère de famille, raconte que Jonathan Harris était aussi exubérant dans son rôle du Dr Smith que dans la vraie vie, et qu’il était le premier à faire des blagues et s’amuser de son homosexualité. À tel point que lors du tournage d’un épisode où le Dr Smith avait été transformé en céleri, alors que le jeune Will demandait à sa soeur Penny d’arrêter de manger le Dr Smith, June Lockhart a eu un fou rire tel qu’elle a été suspendue pour deux épisodes, avec salaire. Elle raconte avec beaucoup d’affection que Jonathan adorait exagérer les réactions du Dr Smith et au sein de la production, on lui donnait le surnom de « Première queen intergalactique! » Tout au long de sa vie, ce formidable acteur a été lui-même sans jamais cacher sa vie privée ou en avoir la moindre honte. Mieux encore, grâce à son assurance et à la complicité de ses collègues acteurs, il n’a jamais eu à subir le moindre commentaire négatif ou la moindre représaille professionnelle. Il n’a jamais prétendu être autre chose que le « premier gai de l’espace » et c’est grâce à de telles personnalités que les moeurs évoluent. Sachant tout cela, je l’aime encore plus, notre cher Docteur Smith!