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Une photographe a pu surprendre une scène plutôt rare : deux lions mâles en train de se faire du bien. Voilà qui devrait claquer le beignet à ceux qui clament que l’homosexualité est “contre-nature”.
Article mis à jour le mercredi 20 avril à 11 heures, avec ajout du dernier paragraphe.
Deux lions mâles ont été surpris en train de se faire du bien, et ce, en dépit de la présence d’une lionne à côté d’eux. La photo a été prise par Nicole Cambré, avocate de Bruxelles et photographe primée dans des concours. Elle était en safari au Botswana, dans la zone du Lagoon Camp, quand elle a découvert les deux lions.
(© Nicole Cambré/Rex Shuttershock)
D’après le guide qui accompagnait Nicole Cambré, cela ne faisait qu’une semaine que les lions avaient commencé à se démontrer de l’affection. “Selon notre guide, une seule lionne se trouvait au même endroit que les deux mâles, et ceux-ci ne faisaient preuve d’aucun intérêt pour elle, ce qui laissait peut-être penser qu’elle était enceinte” a expliqué Nicole Cambré au Huffington Post.
”C’était la première fois que je voyais un comportement homosexuel chez les lions, mais quand je me suis renseignée à mon retour, je me suis rendu compte que ce n’était pas si rare. Avec la lumière du crépuscule, ça a donné des images spectaculaires.”
(© Nicole Cambré/Rex Shuttershock)
(© Nicole Cambré/Rex Shuttershock)
L’homosexualité n’est pas nouvelle chez les lions. En effet, on suppose qu’elle permet de renforcer les liens et l’amitié au sein des espèces. Des pratiques comparables ont été observées chez de nombreux animaux et cela fait longtemps que l’on parle de l’homosexualité dans la nature. En 2012, la revue Yale Scientific a publié un article affirmant que l’on avait sûrement “sous-estimé l’importance de l’homosexualité chez les animaux” et que celle-ci pourrait concerner plus de 10 % des espèces sur terre.
“On ne connaît pas d’espèce chez laquelle aucune forme d’homosexualité n’a jamais été observée, à l’exception de celles qui n’ont aucun rapport sexuel, comme les oursins ou les pucerons, détaille le zoologue Petter Bøckman au Guardian Liberty Voice. En outre, une partie du royaume animal est hermaphrodite, véritablement bisexuelle. Chez eux, l’homosexualité ne pose aucun problème”.
La semaine dernière Ollie et Stan, deux manchots empereurs gays, ont été transférés du zoo de Berlin au zoo Hagenbeck de Hambourg, pour qu’ils puissent être ensemble. Ils avaient été introduits au zoo de Berlin à des fins de reproductions dans le cadre d’un programme européen de protection. Mais les gardiens du zoo n’ont pas mis très longtemps à se rendre compte que ces deux-là étaient, à l’évidence, gays. Ils vont à présent rejoindre Juan et Carlos, un autre couple de pingouins homos qui vivent déjà au zoo de Hambourg, où l’on n’attendra plus d’eux qu’ils se reproduisent.
(via GIPHY)
Même si l’homosexualité n’existe que pour le plaisir dans le monde animal, celle-ci est loin d’être – comme la vieille rengaine lui reproche – “contre-nature”.
Même si les biologistes ne préfèrent pas qualifier ces comportements sexuels chez les animaux de “gays” – ils expliquent, avec raison, que tout ce qui va avec l’homosexualité chez les humains est une construction sociale – cela devrait néanmoins prouver une bonne fois pour toutes que c’est l’attitude de la société vis-à-vis de l’homosexualité qui est contre-nature.
Ces deux rois des animaux qui fricotent nous auront au moins permis de penser à l’attirance sexuelle, quelle qu’elle soit, comme quelque chose de normal.
Traduit de l’anglais par Dario
[Mise à jour du 20 avril à 11 heures] La petite histoire derrière cette photo, devenues virale en un rien de temps, n’est malheureusement pas tout à fait vraie. Le National Geographic, quitte à briser tout le charme de ce récit, avance une analyse différente du cliché. Selon les experts interrogés, le lion qui se trouve en-dessous pourrait être une femelle avec une crinière, “un type d’animal régulièrement vu dans dans la région nord du Botswana,” explique le magazine.
Malgré tout, les lionnes avec des crinières sont considérées comme des genres androgynes, c’est-à-dire qu’elles sont bien des femelles mais avec certaines caractéristiques masculines. C’est un phénomène génétique qui se produit pendant le développement du feotus, avant la naissance. Le second félin ne serait donc pas un lion, mais une lionne transgenre.