Roger-Luc Chayer
Depuis 2002, le mariage entre personnes de même sexe est légal
et officiel au Québec, qui a été une des premières nations au
monde à l’autoriser. Le Canada suivait en 2005 avec la légalisation
à la grandeur du pays. Ces modifications au Code civil du Québec
et aux lois fédérales ont été le résultat de nombreuses et longues
luttes afin que les personnes de la communauté gaie puissent non
seulement se marier, mais avoir accès aux responsabilités et privilèges
qui vont avec, comme la rente de conjoint survivant, l’accompagnement
du conjoint en fin de vie et le droit testamentaire. Le
Québec a aussi reconnu le droit à l’adoption pour les couples de
même sexe en 2002.
Au début, les mariages se célébraient en grand nombre, car
non seulement les Québécois avaient ce nouvel accès à l’égalité,
comme le mariage pouvait être célébré légalement entre
personnes venant d’ailleurs, de l’Europe ou des États-Unis par
exemple, de nombreux touristes se sont pointés à Montréal pour
s’unir devant la loi. Il en a même résulté une industrie touristique
du mariage gai florissante qui s’est calmée depuis, vu ces nouveaux
droits instaurés après dans plusieurs états américains et
pays européens. Depuis 2007, le Canada reconnaît même les
mariages gais contractés à l’étranger entre des Canadiens et des
personnes de nationalité diverse, pourvu que le mariage ait été
reconnu légalement par le pays où s’est tenue la cérémonie et
dans la province de résidence du Canadien. Ceci permettant au
conjoint canadien de parrainer son époux en vue de l’immigration.
Une chose est certaine, le mariage entre personnes de même
sexe au Québec a atteint un plateau et reste encore plus populaire
que chez les personnes hétérosexuelles.
Selon Radio-Canada, entre 2006 et 2011, le nombre de couples
mariés de même sexe a quand même presque triplé au Canada, ce
qui cadre avec la première période complète de cinq ans depuis la
légalisation du mariage à l’échelle du pays. Le nombre de couples
de même sexe en union libre a augmenté de 15%. Quant aux
couples mariés, ils représentaient environ 30% des conjoints de
même sexe en 2011, soit près du double de la proportion de 16,5%
observée en 2006. Il y a maintenant 9475 couples de femmes et 11
540 couples d’hommes mariés au pays.
De tous les provinces et territoires canadiens, c’est au Québec que
les personnes de même sexe se marient le plus et il y a pratiquement
égalité entre le nombre de couples HH et FF.
Contrairement à de nombreux pays comme la France ou les États-
Unis, il n’y a pas eu de vaste opposition au Canada ou de débats
houleux autour du droit au mariage gai. Au contraire, la société a
été quasi unanime à souhaiter ce droit et depuis 2002, tous s’en
portent très bien au point où le Canada, dans le cadre des festivités
du 150e anniversaire de la fédération, a décidé d’émettre un timbre
célébrant le mariage gai.
Évidemment, qui dit mariage dit aussi divorce et c’est encore la
communauté gaie qui se distingue sur ce tableau. Statistiquement
parlant, les couples gais mariés, qu’ils soient HH ou FF, divorcent
moins que les couples hétérosexuels, et forment des familles généralement
plus durables, avec ou sans enfants. On peut donc
conclure que le mariage gai aura été une excellente chose pour la
communauté LGBT, mais aussi pour la société en général.