VIH ET TUBERCULOSE

ONUSIDA

La tuberculose (TB) conserve son triste statut de principale cause
de décès par maladie infectieuse dans le monde. Selon le dernier
Rapport 2017 de l’OMS sur la lutte contre la tuberculose dans le
monde présenté cette semaine, les progrès à l’échelle mondiale
pour faire reculer les nouveaux cas de tuberculose et les décès
sont insuffisants pour atteindre les objectifs mondiaux sur la TB et
le VIH, alors que la plupart des décès seraient évitables à condition
d’avoir un diagnostic précoce et un traitement approprié de la
tuberculose et du VIH.
« Nous disposons d’une opportunité sans précédent de mettre en
lumière à l’échelle politique les inégalités qui favorisent les épidémies
de TB et de VIH », a déclaré Michel Sidibé, Directeur exécutif
de l’ONUSIDA. « Le retour sur investissement en matière de TB
et de VIH, ce ne sont pas que des dollars, ce sont aussi des voix
entendues, des droits protégés et des vies sauvées ».
En 2016, le risque pour les 37 millions de personnes vivant avec le
VIH de développer une TB était près de 21 fois supérieur au risque
pour le reste de la population mondiale. On a dénombré plus d’un
million de cas de TB chez les personnes vivant avec le VIH, soit 10
% de l’ensemble des cas de TB dans le monde en 2016.
Les personnes vivant avec le VIH sont bien plus susceptibles de
mourir d’une TB que les personnes séronégatives au VIH, et un
décès dû à la TB sur cinq (22 %) concerne une personne vivant
avec le VIH. En 2016, on a compté 374 000 décès dus à une TB
chez les personnes vivant avec le VIH, ce qui représente près de
40 % des décès liés au sida.
La TB et les décès dus à cette maladie peuvent être évités grâce à
un traitement préventif de la TB, mais la plupart des personnes vivant
avec le VIH qui pourraient en bénéficier n’y ont pas accès. En
2016, moins d’un million de personnes ayant entamé un traitement
contre le VIH ont pu démarrer un traitement préventif contre la TB.
L’Afrique du Sud représente la plus grande part sur l’ensemble
(41%), devant le Mozambique, le Zimbabwe et le Malawi.
Le fardeau mondial de la tuberculose résistante aux médicaments
continue de croître, avec un nombre estimé à 600 000 cas nécessitant
un traitement, mais seulement une personne sur cinq ayant
accédé à ce traitement en 2016.
La prévalence mondiale de la TB ne décline que d’environ 2 %
par an et la maladie est fatale dans 16 % des cas ; d’ici à 2020,
ces chiffres devront être améliorés pour atteindre 4 à 5 % par an
et 10 % respectivement, afin de parvenir à la première des étapes
(2020) de la stratégie de l’OMS pour en finir avec la tuberculose.
Les principales lacunes résident dans le financement mondial de la
prévention et du traitement de la TB (2,3 milliards de dollars) et de
la recherche sur de nouveaux médicaments, vaccins et diagnostics
pour la TB (1,2 milliard de dollars) pour 2017.
Dans le cadre des efforts mondiaux pour faire avancer les choses,
la riposte à la TB doit maintenant être ramenée au plus haut dans
l’agenda de développement international, avec la participation de
centaines de dirigeants du monde entier à la réunion de haut niveau
de l’Assemblée générale des Nations Unies consacrée spécialement
à la TB en 2018.

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