LE NOUVEAU TUEUR DES LGBT!

Roger-Luc Chayer

Après avoir subi la perte de très nombreuses personnes des communautés LGBT dans les années ‘80 à 2000 essentiellement causée par les ravages du VIH/SIDA, voilà qu’en 2020, un nouveau tueur des LGBT tout aussi efficace est en train de faire baisser l’espérance de vie globale de nos communautés, ce sont les méthamphétamines et autres drogues dures de la même famille.

Composés chimiques très complexes, le Meth, le Crack, la Tina et autres produits offerts sur les marchés illicites proposent des formulations qui comportent toutes un point commun, la création voulue d’une forte dépendance, rapide et pratiquement impossible à maîtriser. Ces drogues modifient la composition chimique du cerveau en quelques doses et les effets sont irrémédiables. Au mieux, les utilisateurs pourront gérer les conséquences de ce manque permanent tout le reste de leur vie avec des médicaments aussi forts. Selon Jim Mangia, qui dirige un réseau de cliniques spécialisées à Los Angeles, «les hommes gais sont plus susceptibles d’essayer la méthamphétamine que les hommes hétérosexuels. Une explication à cela pourrait être que les homosexuels luttent contre l’acceptation d’une manière que les hommes hétéros n’ont pas à le faire. Grandir gay et être forcé de garder ce secret par crainte du rejet de la famille ou de l’intimidation peut créer d’énormes insécurités et des problèmes d’intimité.»

La consommation et la recherche de consommation au sein des LGBT est telle que même sur les réseaux sociaux, les abonnés se donnent des codes pour se reconnaître, se trouver des vendeurs et se déclarer disponibles à l’achat comme, par exemple, sur la populaire application de rencontres Grindr, on n’hésitera pas à mettre des T majuscules dans le descriptif, signifiant que l’usager recherche de la «Tina», ou carrément à mettre des diamants comme logos, sans plus d’explications, signifiant que l’on recherche du Meth, car le logo sur le comprimé est constitué d’un diamant! Malheureusement, au sein des associations spécialisées dans l’aide aux personnes dépendantes de ces drogues, on découvre avec le temps que le VIH et les ITS sont de nouveau en forte progression, puisque ces drogues produisent toutes une très forte inhibition qui crée une hypersexualisation, au mépris de la prévention la plus élémentaire, mais il y a aussi le phénomène du Fentanyl qui change la donne depuis quelques années.

En effet, le Fentanyl, une drogue 100 fois plus puissante que la morphine et facilement accessible sur le marché noir à peu de frais, est l’additif idéal à tous ces mélanges, car il induit une forte réponse neurologique qui entraîne parfois le développement d’une dépendance après quelques doses seulement. On en trouve même dans certains échantillons de cannabis obtenus illégalement, le but étant clairement de créer chez l’utilisateur, une dépendance quasi immédiate. En plus, le Fentanyl, même à des doses très diluées, peut entraîner rapidement un arrêt respiratoire et c’est ce que les spécialistes du domaine remarquent et qui leur font conclure que le taux de mortalité lié à l’utilisation de ces produits illicites est en train de tuer les communautés LGBT, au même rythme que le SIDA au début de l’épidémie. La crise est actuellement telle que les autorités médicales ne sont pas en mesure d’intervenir efficacement pour l’endiguer et les ressources financières pour en parler sont à peu près inexistantes. L’organisme québécois «Drogues, aide et référence» peut toutefois aider avec les démarches pour obtenir de l’aide urgente au 1-800-265-2626 ou à Drogue-aidereference.qc.ca. Le service est gratuit.

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