LE RETOUR DE LA HAINE

Par: Arte.tv

Aux assassinats aussi: le 12 juin 2016, un forcené islamiste tuait 49 innocents dans un club gay d’Orlando au nom d’une croyance pervertie. Le 4 août on retrouva décapité et mutilé un jeune réfugié syrien en Turquie avant de découvrir, deux semaines plus tard dans le même pays, la star de la Gay Pride, brûlée. En déclarant les homos hors la loi musulmane, les assassins sont-ils revenus aux pires heures des horreurs nazies?

L’homosexualité n’a pas une histoire linéaire. Ses victoires ne constituent pas des acquis et comme pour toutes les minorités, le combat est continu. Dans l’Antiquité, elle était très ouvertement admise, mais elle obéissait à des règles. La Renaissance fut libérale artistiquement, malgré les lois religieuses. La question est souvent posée sur son caractère inné ou acquis culturellement. Plus rarement celles des conditions de sa liberté ou de son interdiction. Or, la tolérance de l’homosexualité semble liée à des raisons plus idéologiques que religieuses. Des questions démographiques, des condamnations politiques ou des constitutions dictatoriales barrent son chemin.

Un système qui fait des homosexuels des boucs émissaires et les tue au nom d’une loi spécieuse, on l’a déjà vu dans l’Histoire récente. Hier le nazisme, aujourd’hui l’islamisme radical. La liberté de vivre sa vie homosexuelle est toujours un indicateur de démocratie. Ludovic-Mohamed Zahed, anthropologue et imam divorcé d‘un autre homme, pense l’oppression des homosexuels comme une mécanique classique du fascisme: étouffer toute revendication de droits individuels vise à contenir une société sous le joug du pouvoir. Zahed fait un parallèle entre les interdictions et les sanctions du 3ème Reich et celles de Daech.

Né en Algérie en 1977, il vit aujourd’hui à Marseille. En 2010 il crée l’association « Homosexuels musulmans de France » et fonde en 2012 la première mosquée inclusive à Paris. Actuellement, il est directeur du Cabinet de Conseil et d’expertises CALEM.

L’historien américain Robert Beachy, spécialiste de l’Europe et de l’Allemagne  a publié il y a peu «Gay Berlin : Birthplace of a modern identity» (Berlin Gay: Naissance d’une Identité moderne) dans lequel il analyse la libération des minorités sexuelles jusqu’à la République de Weimar, puis leur répression sanglante avec l’arrivée au pouvoir d’Hitler. Né en 1965 à Porto Rico, Beachy enseigne actuellement à Séoul en Corée du Sud, à l’Underwood International College – Yonsei University.

L’homosexualité au Maghreb: L’état des lieux d’une lutte en marche malgré la ségrégation
(Huff Post)

Lynchés par la foule, pourchassés par la police, bannis par l’ordre politico-religieux, les homosexuels au Maghreb sont confrontés aux mêmes interdits, aux mêmes stigmatisations. Être homosexuel au Maghreb est toujours perçu comme une tare, une honte, un outrage aux lois de la nature et aux lois de Dieu. Des citoyens jetés donc en pâture aussi bien par les États que par une certaine frange de la population. Les associations du Maghreb ne sont pas indifférentes de l’actualité de chaque pays respectif, des communiqués communs sont régulièrement signés pour appeler à l’abrogation des lois criminalisant l’homosexualité au Maghreb.

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