LE RÔLE DE LA SOUVERAINE

Roger-Luc Chayer

Les États-Unis se rendent lentement à l’évidence que leur Président actuel pourrait être le fruit du sabotage direct de la Russie et que potentiellement, si cela devait se concrétiser, le chef de l’État américain pourrait aussi être atteint de troubles mentaux tels que le pays serait menacé de crises perpétuelles jusqu’à ce que le Congrès finisse par lui retirer le pouvoir.

Parlons un peu du pouvoir présidentiel américain. Quel est le mécanisme qui permettrait de protéger le pays advenant l’élection d’une personne atteinte de troubles la menant à prendre des décisions irrationnelles ou même à déclencher une guerre nucléaire? Aux États-Unis, le Président est le chef des armées et de l’ensemble de l’appareil de l’État. Le Congrès, lui, est responsable de la législation, c’est-à-dire de voter ou de modifier les lois. Le pouvoir du Président américain est donc presque absolu. Si un Président devait perdre la raison, seul le Congrès pourrait le destituer, mais au prix de longues procédures s’étalant sur plusieurs mois. Un Président fou qui voudrait poser des gestes illégaux ou destructeurs aurait donc la possibilité de le faire.

Souvent, au Québec, les gens se demandent à quoi peut bien servir la Reine. Ils pensent que la souveraine ne fait que signer automatiquement les lois et qu’elle n’a qu’un pouvoir symbolique. Même chose avec le Gouverneur général et les Lieutenant-gouverneurs des provinces. Mais c’est mal connaître les systèmes parlementaires des États du Canada et du Québec que d’arriver à de telles conclusions.

À quoi sert donc la Reine au Canada et au Québec?

La grande différence entre les États-Unis et le Canada ou le Québec réside dans le fait que si le Président des USA est un chef d’état aux pouvoirs quasi absolus, ici c’est la Reine qui est le chef de l’État du Canada et du Québec et ses pouvoirs sont plus que symboliques.

Prenons par exemple le cas d’un Premier ministre qui serait légalement élu mais qui deviendrait psychopathe au cours de son mandat. Un chef de gouvernement qui voudrait retirer des droits protégés, qui voudrait utiliser l’armée pour restreindre les libertés du peuple et qui procéderait à des arrestations politiques arbitraires du simple fait de son humeur ou de ses craintes irrationnelles, un fou quoi!!!

Advenant une telle situation, la Reine pourrait simplement refuser de signer une loi qu’elle considérerait abusive. Elle pourrait théoriquement aussi dissoudre la chambre des Communes et ordonner de nouvelles élections si le sort des Canadiens ou des Québécois était en danger. Elle l’a déjà fait en Australie en 1975, lors de la pire crise constitutionnelle du pays.

Nous avons donc au Canada, contrairement aux États-Unis, un chef d’État indépendant, non politique et aux pouvoirs réels, qui pourrait théoriquement suspendre un Premier ministre légalement élu mais devenu un danger pour la nation, et ordonner une nouvelle élection générale permettant un changement de gouvernement. Bien que la Reine ne soit pas élue, elle agit comme rempart entre le gouvernement et le peuple afin de toujours protéger les droits des citoyens et la démocratie en général. Les États-Unis nous envient la Reine depuis l’élection de Monsieur Trump, ce n’est pas pour rien!

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