
Roger-Luc Chayer (Image : ChatGPT / Gay Globe)
Retour du balancier sur les droits des communautés LGBT
On assiste depuis quelques mois à un retour du balancier quant aux droits des communautés LGBT, et c’est au niveau international, particulièrement depuis l’avènement du Trump nouveau v.2, que les dommages se font sentir.
Annulation des politiques DEI et impacts
Nous observons une vague d’annulation des politiques DEI pourtant mises en place pour protéger les personnes LGBT contre les abus, mais surtout pour aider les entreprises à mieux comprendre les réalités auxquelles font face les membres de ces communautés, qu’il s’agisse de l’accès à la santé, de l’homoparentalité, de la discrimination ou de l’homophobie en milieu de travail.
Influence de Donald Trump sur les droits LGBT
Une grande part de cette situation découle des propos de Donald Trump, mais aussi des menaces à peine voilées des États-Unis envers d’autres États souverains qui dépendent de l’aide américaine pour fonctionner, alors que Trump lie désormais cette aide à l’abandon des politiques DEI, à la non-reconnaissance des droits des homosexuels, ou même au refus d’accepter l’existence et la reconnaissance des personnes trans.
L’homophobie mondiale et la peur des communautés LGBT
Comme si l’homophobie mondiale avait attendu son feu vert personnel.
Un autre élément qui explique le ressac actuel face aux communautés mentionnées plus haut, c’est la peur. Cette peur de ce que nous représentons collectivement, comme si les communautés LGBT étaient composées de hordes de barbares affamés par la vue du sang hétéro, prêts à fondre sur leurs croyances religieuses. Une sorte de remake de la chute de Rome, avec des Wisigoths encerclant la grande cité de toutes parts… sauf qu’ici, l’empire menacé semble surtout être celui de leurs certitudes.
L’image de la « grande Rome » et la menace des certitudes figées
L’image de la « grande Rome » assiégée par des envahisseurs illustre bien cette impression d’être attaqués que certains projettent aujourd’hui sur les communautés LGBT. Pourtant, ce qui vacille réellement n’a rien d’une civilisation entière, ni même de valeurs essentielles ou d’une quelconque sécurité sociale. Ce qui tremble, ce sont leurs propres certitudes, leur vision figée du monde, leurs repères traditionnels auxquels ils s’accrochent comme à des ruines sacrées.
Défense du confort idéologique face au changement
En vérité, l’« empire » qu’ils tentent de défendre coûte que coûte n’est pas celui de la société, mais celui de leur confort idéologique. Un territoire intérieur, parfois rigide, qui se sent brusquement menacé dès que des réalités qu’ils ne maîtrisent pas — ou qu’ils préféraient ignorer — prennent un peu plus de place dans l’espace public.
L’ignorance et les préjugés face à la diversité
Ce qui les effraie tant dans notre simple existence, c’est leur ignorance, leurs préjugés et leur profonde méconnaissance de ce que nous sommes. En réalité, nous sommes comme eux, nous sommes eux, seulement avec un peu plus d’expérience, un sens communautaire plus fort et une meilleure qualité de vie.
Éduquer pour dépasser la peur et les préjugés
Face à ces attaques, notre rôle est de toujours mieux les éduquer, comme on le fait dans les écoles avec ces groupes communautaires qui expliquent aux élèves ce qu’est l’homosexualité, comme le fait aussi le nouveau pape Léon XIV, lorsqu’il tente d’inculquer à ses cardinaux une vision différente de ce que nous sommes. Avec le temps, plutôt que de craindre le moindre gay qui éternue, on en viendra peut-être à ne plus nous voir comme différents, mais simplement comme des personnes tout à fait ordinaires, banales, sans histoire.
Morale de cette histoire
La véritable force d’une société réside dans sa capacité à accueillir les différences sans craindre qu’elles menacent ses fondations.
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