LES 400 MOTS DE RÉJEAN THOMAS

Par: le Dr Réjean Thomas et Roger-Luc Chayer

Dans le cadre de nos discussions avec le Docteur Réjean Thomas, nous voulions terminer l’année avec cette édition regroupant une série de questions sur l’actualité. C’est donc en vrac que nous allons les aborder ici.

GG: Le Docteur Anthony Fauci est devenu passablement célèbre cette année à cause de la pandémie, mais aussi à cause de ses déclarations qui contredisaient le Président Trump des États-Unis. Peu de gens savent toutefois qu’il a surtout été très impliqué dans la lutte au VIH. Quel a été son apport sur cette question? RT: Le Docteur Fauci est l’un des plus importants acteurs de la lutte au sida depuis le début de la pandémie du VIH.
GG: Il existe au Québec et surtout dans la grande région montréalaise une crise mortelle du Fentanyl qui cause des dizaines de morts chaque année. Depuis peu, de nouvelles drogues chimiques encore plus puissantes font leur apparition à Montréal et causent encore plus de décès. Est-ce que l’on sait si les victimes sont plus nombreuses chez les hommes gais que chez les hétéros? RT: Non je ne le sais pas, mais je sais que la consommation du Crystal meth touche beaucoup d’hommes de la communauté gaie et elle a des effets très destructeurs sur la communauté, dont beaucoup de nos patients à l’Actuel.
NDLR: Sur le cerveau, le Crystal meth à trois effets. Cette drogue vient interférer au niveau de la sérotonine, de la dopamine et de la noradrénaline. Les impacts de cette drogue seront donc en lien avec le désir sexuel, le plaisir et la prise du risque.
GG: Un nouveau médicament vient de faire son apparition pour traiter le VIH. Il s’agit du Dovato. Est-ce une variation sur un même thème que les autres thérapies ou une percée? RT: Je crois que c’est très interessant. C’est la première fois qu’une bithérapie démontre une telle efficacité. Avant cette médication, les résultats étaient mauvais pour les bithérapies. Une bithérapie peut être interessante (toxicité à long terme, etc.), mais comme toujours, il y a certains critères dont le patient doit discuter avec son médecin.
GG: En Europe on parle de plus en plus d’une nouvelle souche de Gono, la super-Gonorrhée qui serait très difficile à traiter vu ses multiples résistances. Est-ce qu’on commence à en voir quelques cas au Québec? RT: Oui. L’augmentation de la résistance aux antibiotiques est très importante au Quebec. Il y avait un comité qui
étudiait ces résistances qui a été mis en pause durant la covid. Le comité sur les lignes directrices de traitement des ITS a proposé des changements récemment. La gonorrhée et la chlamydia sont principalement touchées par cette problématique.
GG: Sur les nouveaux auto-tests du VIH approuvés par Santé Canada, est-ce qu’il existe des faux positifs ou des faux négatifs et que faire en cas de doute et est-ce qu’on doit le divulguer à son entourage ou à ses relations? RT: Tout test peut avoir des faux positifs ou négatifs. Si un test est positif, il faut le faire confirmer par un test sanguin régulier dit « de 4e génération ». Tout test comporte une période fenêtre. Pour ce genre de test, normalement c’est 3 mois. Il ne faut pas utiliser ce test si vous avez eu des relations récentes qui vous inquiètent. Nous traitons un grand nombre d’ITS en pleine pandémie. Malheureusement, plusieurs centres de dépistage sont encore fermés. La plupart des ITS sont asymtomatiques et peuvent avoir des conséquences graves si non traitées. Faites-vous dépister si vous êtes inquiets!