Les employeurs devront s’adapter

Les travailleurs semblent plus à l’aise pour afficher leur homosexualité au travail au Québec qu’ailleurs au Canada. Au Québec, 52% des personnes connaissent une ou des per- sonnes homosexuelles dans leur milieu de travail, compa- rativement à 37% ailleurs au Canada, révèle un sondage Léger Marketing mené pour la fondation Émergence.

Les travailleurs connaissent d’ailleurs plus souvent un homme qu’une femme homosexuelle: 23% des répondants ont dit connaître un homme, 5% une femme et 24% des per- sonnes des deux sexes.

Le sondage révèle également que près de la moitié de la po- pulation (47%) croit que les personnes homosexuelles sont difficilement acceptées par la direction des entreprises.

Le président de la fondation Émergence croit qu’avec la pé- nurie de la main-d’oeuvre qui risque de frapper les entrepri- ses, les employeurs ont intérêt à montrer une ouverture aux homosexuels. «Si vous n’êtes pas un employeur ouvert à la diversité sexuelle, vous allez perdre des employés. La main- d’oeuvre qualifiée va choisir son employeur et certains vont choisir ceux qui sont ouverts à cette diversité», prévient Laurent McCutcheon.

Des entreprises comme TELUS et IBM ont compris l’impor- tance de se soucier de leurs employés gais en créant des groupes de fierté au travail, assure M. McCutcheon. La fon- dation Émergence organise d’ailleurs un dîner intitulé «Tirer profit de la diversité sexuelle» à la chambre de commerce du Montréal métropolitain, ce midi.

L’Argentine au rythme du tango gai

L’Argentine autorise le mariage entre homosexuels, mais le tango s’y limitait jusqu’ici, la plupart du temps, à une danse homme-femme. À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie, notre collaborateur explique que les Argentins suivent de plus en plus le rythme du tango gai.

Lors de la soirée Tango Queer, où les hétérosexuels sont les bienvenus, chacun danse avec qui il veut. Qu’on soit homme ou femme, on peut être meneur ou être guidé, ce qui diffère des nor- mes de la milonga «classi- que». Beaucoup ont oublié qu’à ses origines, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, le tango se dansait entre hommes. «Cela n’avait rien à voir avec l’orientation sexuelle, avertit Edgardo, élégant danseur homo- sexuel, originaire de la ville de Tucumán. Les hommes étaient contraints de prati- quer entre eux, car la plu- part avaient émigré d’Euro- pe sans femme.» Le tango, issu de la culture populaire et des faubourgs de Buenos Aires, se dansa donc d’abord entre mâles, puis avec des prostituées, et enfin, avec des «femmes du monde».