
Par: Edward Sanger
Photo: Beaphotographe
Le domaine de la lutte est souvent imaginé avec des lutteurs machos et des lutteuses à l’allure provocante. En 2022, la lutte au Québec a beaucoup changé pour laisser la place à des sportifs de la diversité, comme Marianne Loignon, une lutteuse transgenre.
Originaire de Granby, c’est depuis ses 16 ans qu’elle se passionne dans le sport et dans le spectacle en grimpant sur le ring. À 33 ans, elle lutte pour la FML (Fédération Montérégienne de Lutte) sous le pseudonyme de Maria Belmont. Son person-nage est un symbole de persévérance et de courage dans son cheminement en tant que femme trans.
«Maria est agressive sur le ring, car elle est la représentation de ma colère et de mon autosabotage. Maintenant, c’est pour rejeter toute ma rage sur mes adversaires et redonner le change pour crier que je suis là.»
Et depuis, elle enchaîne les petites victoires pour avancer à pas de géant. Au départ, elle était plus une lutteuse d’arrière-plan pour soutenir ses collègues et donner du spectacle. Maintenant, voulant sortir de sa zone de confort, elle grimpe dans l’arène armée de sa batte de baseball pour déverser sa rage et provoquer la foule. Depuis, elle a continué à enchaîner les combats et à participer à des événements comme Mon Vieux-Saint-Jean La Nuit, à Saint-Jean-sur-Richelieu, auquel elle a été le combat principal, rassemblant plus de 40 000 personnes à l’événement. Sa plus grande victoire a été de faire son coming-out pendant la pandémie en tant que femme trans. Toute la fédération et le public lui ont tendu la main pour la soutenir dans toutes ses démarches.
« Petit à petit, je continue dans ma transition pour le changement des documents, la poursuite de mon hormonothérapie et les opérations au laser sur le visage pour éliminer complètement la barbe. »
N’étant pas une amatrice, mais une professionnelle de la lutte, Maria Belmont incarne la persévérance dans ce milieu sportif. Elle continue son entraînement pour espérer un jour lutter hors des frontières du Québec et ainsi explorer les régions du Canada anglais et les États-Unis afin de montrer ses couleurs.
Plusieurs personnalités LGBTQ+ ont marqué la lutte comme les lutteuses Asuka (Japon), Nyla Rose (USA) ou des lutteurs gays comme Anthony Brown (USA) ou le légendaire Pat Patterson (Québec).
C’est grâce à des légendes comme elles que Maria Belmont continue sur sa lancée pour éblouir son public et en présentant sa prise signature, le Head Lock. Une prise de finition pour soumettre ses adversaires au tapis, les forçant à l’abandon pour lui accorder la victoire.
En attendant, Maria est toujours fidèle au ring tous les samedis soirs pour les spectacles de la FML, dans les combats intergenres, pour gagner en tant que championne. À l’avenir, autre que le ring, Maria souhaite compléter ses études de cinéma au Cégep de Granby. Un domaine d’étude qui l’a beaucoup soutenue pour la femme qu’elle est devenue aujourd’hui.
« N’ayez jamais peur d’être vous-même. Même quand des obstacles se dressent devant vous, foncez. À force de persévérer, on réussit à devenir soi-même. »