
Roger-Luc Chayer (Photos : Gay Globe Média)
L’état de la Ville de Montréal est d’une saleté répugnante, et jamais dans son histoire elle n’aura été aussi négligée par les autorités municipales. Les rues sont sales, les trottoirs tachés de toutes sortes de choses que je n’ose même pas décrire ici. Les déchets jonchent le sol, et tout ce que la Ville trouve à dire, c’est que la faute revient à certains citoyens irresponsables qui ne gèrent pas bien leurs ordures.
C’est ce qu’on a pu entendre hier sur les ondes du 98,5 et de QUB FM, lorsque les responsables municipaux ont été confrontés à l’état lamentable de la métropole.
On a mentionné que certains Montréalais jettent leurs sacs dans les ruelles, laissent leurs bacs de récupération ouverts, laissant ainsi leur contenu s’envoler au gré du vent. On a accusé les citoyens d’être négligents, voire sales. Mais jamais la Ville n’a reconnu que le nouvel horaire de collecte des déchets — limité à une fois toutes les deux semaines dans Hochelaga-Maisonneuve — pouvait être en cause.
Évidemment, quand la Ville choisit de ne ramasser les ordures qu’une fois aux deux semaines, les sacs s’accumulent. Les bacs verts, devant les immeubles à logements multiples, débordent rapidement. Et les rats, ratons laveurs — pour ne nommer qu’eux — en profitent pour éventrer les sacs à la recherche de nourriture. Non, ça, la Ville n’en parle pas. Elle refuse toute responsabilité : c’est la faute des Montréalais !
Mais en un sens, la Ville a raison. C’est bien la faute des Montréalais… qui ont voté pour les élus actuellement en poste. Ils doivent maintenant assumer la responsabilité de l’état de crasse généralisée dans plusieurs arrondissements. Suite sous la photo…

Dans Ville-Marie et dans le Village, c’est encore une autre histoire !
Selon mes propres observations des deux dernières années, deux causes très précises expliquent la présence massive de déchets dans les rues et sur les trottoirs du Village.
Premièrement, plusieurs locataires et gestionnaires de grands immeubles sortent leurs poubelles n’importe quel jour, et non uniquement lors du jour prévu de collecte. Résultat : des tas de sacs s’accumulent sur le trottoir, offerts à la vue de tous.
Deuxièmement, la très forte présence de logements de type Airbnb contribue également à cette situation. Les touristes de passage sont tenus de vider eux-mêmes les lieux avant leur départ. Comme leurs séjours se terminent n’importe quel jour de la semaine, les sacs-poubelles se retrouvent souvent à la rue plusieurs jours avant le passage des éboueurs.
À cela s’ajoute un autre facteur : la présence de nombreux itinérants et personnes en situation de crise psychologique qui éventrent systématiquement les sacs laissés sur le trottoir à la recherche de canettes ou de bouteilles consignées.
Certains d’entre eux — et je l’ai souvent observé — vident l’intégralité des bacs qu’ils croisent, non pas pour des objets de valeur monétaire, mais pour trouver quelques « trésors » qui n’ont de valeur qu’à leurs yeux embrouillés par la drogue : un morceau de tissu, un bouton, un objet brillant… Après avoir vidé et retourné tous les sacs et bacs — parfois plus d’une vingtaine devant un seul immeuble —, tout le contenu se retrouve éparpillé sur la voie publique. Et comme les éboueurs ne ramassent pas les déchets ainsi répandus au sol, ils y restent, visibles de tous, jusqu’à ce que le vent les disperse un peu plus loin.
Voilà ce que la Ville refuse de voir. Les solutions sont complexes, mais ignorer la réalité n’en est certainement pas une.
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