PERCÉE D’UN VACCIN CONTRE LE VIH

Alain Labelle / Radio-Canada

Un vaccin contre le VIH/sida a été testé avec succès sur des rongeurs, en réussissant, là où les autres tentatives ont échoué, à générer une puissante réponse du système immunitaire.

Cette nouvelle stratégie vaccinale a été mise au point par des scientifiques américains de l’institut de recherche Scripps de San Diego en Californie. Si ces résultats se confirment chez l’humain, ils représenteraient la plus importante percée dans la lutte contre le VIH/sida des 30 dernières années, estiment le biophysicien Jiang Zhu et ses collègues. Ils pourraient en fait mener à la conception d’un vaccin contre le VIH/sida.

«Nous considérons cette nouvelle approche comme une solution générale aux problèmes de longue date dans la conception de vaccins anti-VIH». (Jiang Zhu, Institut de recherche Scripps)

Le présent vaccin est basé sur la protéine Env présente dans l’enveloppe du VIH. Il s’agit d’une molécule très complexe et changeante, à la forme variable, qui est très difficile à synthétiser pour la création d’un vaccin, mais dont la production est nécessaire afin d’induire une immunité efficace contre le VIH. L’expression de ce gène permet aux rétrovirus de cibler et de s’attacher à des types de cellules spécifiques et d’infiltrer la membrane d’une cellule.

Or, l’équipe de l’institut Scripps a trouvé un moyen simple de stabiliser la protéine Env pour les diverses souches de VIH.

«À ce jour, nous avons apporté cette modification à la protéine Env de 30 à 40 souches différentes de VIH et, dans la plupart des cas, cela a fonctionné comme un charme». (Jiang Zhu)

Montée sur des particules de type viral qui imitent un virus entier, la protéine Env stabilisée a déclenché des réponses anticorps anti-VIH solides chez la souris et le lapin. Les chercheurs ont déjà commencé à tester le vaccin candidat sur 24 singes. L’institut a fait breveter sa technique et a octroyé ses droits à une entreprise (Ufovax LLC) qui commandite les tests en cours et commercialisera le vaccin si l’ensemble des tests s’avèrent concluants. Le détail de ces travaux est publié dans la revue Science Advances (en anglais). Un autre vaccin expérimental contre le VIH-1 a été bien toléré et a généré de bonnes réponses immunitaires chez 393 adultes de 18 à 50 ans en bonne santé provenant d’Afrique, de Thaïlande et des États-Unis. Des tests sont également en cours afin de déterminer si la réponse immunitaire produite est suffisante pour prévenir l’infection au VIH. En outre, les essais d’un traitement hebdomadaire contre le VIH/sida réalisés sur des porcs ont donné des résultats encourageants.

Bananes infectées au VIH : vous devriez être gêné d’avoir partagé cette fausse nouvelle
(Radio-Canada / Jeff yates)
L’image circule depuis au moins 2016. On affirme que quelqu’un injecte du sang dans des bananes dans le but d’infecter des gens avec le virus du VIH. À l’époque, j’avais expliqué que non seulement la couleur rouge dans la banane n’était pas du sang, mais que, de toute façon, le virus du sida ne survit pas à l’extérieur du corps humain. Peu importe, un Français a publié une même nouvelle contenant ces fausses informations sur sa page personnelle le 10 novembre et elle s’est propagée à une vitesse fulgurante. En deux semaines, elle a été partagée quelque 19 000 fois.

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