
Roger-Luc Chayer
L’actualité portant sur les rats à Montréal fait la « une » de plusieurs médias depuis quelques mois, car on semble en voir plus que jamais et le public montréalais s’inquiète de cette présence inusitée. Pour nous aider à comprendre la situation, Gay Globe a demandé à Madame Hélène Bouchard, Présidente de MBM Gestion Parasitaire de nous expliquer ce qui se passe, et de nous dire si la présence de ces rats constitue un danger particulier.
« Tout d’abord il faut bien comprendre qu’il n’y a pas plus de rats que d’habitude à Montréal, la proportion est la même dans la plupart des villes portuaires comme Vancouver, San Francisco ou New York. Le cas de Montréal est particulier du fait que la ville est actuellement en train de rénover les égoûts dans plusieurs secteurs en même temps, ce qui pousse les rats à se déplacer et à être plus visibles », commence d’emblée Hélène.
« Les rats sont des animaux extrêmement intelligents, encore plus que les chiens et comme n’importe quel animal qui a des habitudes fortement ancrées, lorsqu’ils sont poussés à l’extérieur de leurs tanières, ils se retrouvent au plein jour à devoir se chercher un nouvel abri et aussi à s’alimenter. La présence de rats dans les égoûts d’une grande ville comme Montréal n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Ces petits rongeurs sont très utiles pour garder en santé les égoûts, en empêchant les tuyaux de se boucher par exemple. » Hélène nous explique que cela ne signifie pas que les rats ne constituent pas un danger lorsqu’ils entrent en contact avec des humains ou des animaux domestiques. « Les rats d’égoûts sont porteurs, comme on peut s’imaginer, de nombreuses maladies et ce sont surtout les puces qu’ils portent sur eux qui sont à l’origine de la plupart des maladies virales ou bactériennes qu’ils peuvent transmettre. Si un rat vous mord ou mord votre chien ou chat, il faut immédiatement se rendre à l’urgence de l’hôpital le plus proche, car définitivement des soins préventifs seront requis. »
Hélène nous explique que le rat, de par sa nature, est très craintif et, contrairement à la souris qui est naturellement très curieuse, n’aime pas sortir de ses habitu-des. « Malgré ce que l’on peut voir sur certaines vidéos sur le web ou via des campagnes de peur qui circulent en ce moment, il faut être très malchanceux pour être attaqué par un rat à Montréal. Ils ont tendance à se cacher et à fuir les humains, sauf quand c’est le temps de faire les poubelles pour se nourrir. D’où l’importance de sortir ses sacs de poubelles le matin même de la collecte, car les rats bougent la nuit. Un autre problème à Montréal, qui permet aux rats de trouver une nourriture abondante et fraîche du printemps à l’automne, sont les fameux jardins communautaires qui se multiplient depuis quelques années. Les rats et autres animaux urbains y trouvent tout ce qu’il faut pour bien manger. Un aspect fascinant aussi avec les rats est qu’en cas de surpopulation dans un secteur, ils vont naturellement contrôler leur population en s’entretuant. » Merci Hélène Bouchard pour cette entrevue intéressante et rassurante!