QUAND LES SÉRIES SAUVENT DES VIES

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Par : Christophe Pilaire Photo : Netflix

Dans un monde où lire des romans dont un ou plusieurs personnages font partie de la communauté LGBT+ ou regarder des séries et des films qui mettent en scène des thèmes LGBT+ sont des moyens de favoriser la santé mentale, la représentation à l’écran prend une dimension qui dépasse le simple divertissement. Elle devient un outil d’acceptation de soi, voire un guide de survie pour des milliers de jeunes.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de jeunes de la génération Z s’identifient comme queer que jamais auparavant. Cette évolution s’accompagne d’une multiplication des séries mettant en vedette des personnages LGBT. 

Heartstopper, Sex Education ou Sense8 offrent désormais une palette diversifiée d’expériences queers, abordant des thèmes variés allant des troubles alimentaires à l’asexualité, en passant par l’homophobie internalisée.

L’impact de ces représentations va bien au-delà du symbolique, et le phénomène Heartstopper illustre parfaitement cette réalité. Selon l’autrice Alice Oseman, de nombreux jeunes LGBT+ lui ont confié que Heartstopper les a aidés dans leur parcours de coming out, dans l’acceptation de soi, pour tendre la main à leur famille et leurs amis, et pour parler plus ouvertement de sujets difficiles comme la souffrance mentale.

Ce qui distingue les nouvelles séries LGBT, c’est leur approche résolument optimiste. Dans d’autres médias, la représentation LGBT+ a longtemps eu tendance à se concentrer sur le traumatisme et la honte d’être queer.

C’était le cas dans le passé avec le personnage tourmenté de Steven dans Dynasty, par exemple. On a ensuite pu noter une amélioration notable avec l’arrivée de personnages comme Will et son ami Jack dans Will & Grace, qui offraient déjà une image plus positive de l’homosexualité — et, dans le cas de Will, une représentation non caricaturale. 

Mais aujourd’hui, très clairement, la nouvelle vague de séries choisit de célébrer la joie et l’épanouissement. Anthony Allen Ramos, vice-président de GLAAD (Gay and Lesbian Alliance Against Defamation), estime qu’il est essentiel de montrer à l’écran ces personnages prospérer et vivre des vies heureuses et équilibrées. L’importance de ces représentations devient encore plus criante face aux statistiques alarmantes. La stigmatisation et la discrimination fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre ont d’énormes répercussions sur la santé mentale des LGBTQ, et les jeunes LGBT issus de familles qui les rejettent sont trois fois plus nombreux à attenter à leur vie que ceux qui bénéficient du soutien de leurs proches. 

Dans ce contexte, voir des personnages LGBT heureux à l’écran n’est pas qu’une question de représentation : c’est une question de survie.

Avec une représentation LGBT+ en déclin dans les médias et une crise de santé mentale chez les jeunes, nous avons besoin de plus de séries comme Heartstopper, qui reflètent authenti-quement la réalité de la génération Z et donnent aux jeunes des raisons d’espérer. 

Ces représentations rappellent aux jeunes en questionnement qu’ils ne sont pas seuls, que leur identité est valide et que le bonheur est possible.

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