Carle Jasmin
Le Magazine Gay Globe m’a demandé de définir en une seule page la signification de la Fierté gaie tant au Québec qu’au Canada et dans le monde, et j’ai accepté de relever ce défi parce qu’il était de taille.
Tout d’abord, il y a autant de Fiertés gaies dans le monde que d’individus puisque selon moi, c’est chaque membre des LGBT, leurs familles, leurs amis et alliés qui célèbrent à leur façon et pour leurs propres raisons la Fierté LGBT.
Pour moi, c’est d’avoir été capable, dès la fin de mon adolescence, de vivre ouvertement mes amours, mes coups de coeur et mes goûts artistiques sans que personne ne me juge, sauf une seule, ma mère. Toutes ces années plus tard, ma mère n’accepte toujours pas ce que je suis, même si cela ne la concerne en rien, même si ça ne change en rien sa vie et ses relations. Elle n’accepte pas mon homo-sexualité par égoïsme, parce qu’elle a des idées préconçues et qu’elle a honte de dire qu’elle a un fils homo. Mais ça change quoi? Je célèbre ma fierté parce que je suis pleinement épanoui malgré le jugement de ma créatrice. Et je m’en balance. Voyez-vous, chacun a sa propre fierté qu’il peut célébrer ou pas.
Au Québec en général, les célébrations de la Fierté LGBT sont pour souligner l’avant-gardisme de notre nation sur la question de l’orientation sexuelle. Avec des lois très en avance sur leur temps, le Québec a montré l’exemple face au reste du Canada, face à nos voisins américains et a montré aux européens que nous pouvions parfaitement exister, au coeur d’un continent anglophone loin d’être rendu au même point.
Pendant la rédaction de ce texte, j’ai eu une conférence vidéo avec un Ivoirien, étudiant en Europe, qui m’expliquait la signification de la Fierté gaie dans un des pays les plus intolérants sur les droits LGBT au monde et où on condamne encore à la prison; deux hommes qui s’aiment. Parlant pour plusieurs homosexuels de sa région du continent africain, il m’expliquait que si la plupart des démonstrations de fierté LGBT étaient interdites et qu’elles menaient sou-vent à des contre-manifestations violentes, le fait de participer à des groupes Facebook, Twitter, d’être abonné à des médias gais permettait à ces LGBT de toujours savoir ce qui se fait de bien ailleurs, et de prendre des décisions égalitaires sans être obligés de s’exposer ouvertement. De ça, Wilfrid en est très fier.
Ma recherche de définitions pour la Fierté gaie m’a mené sur des découvertes insoupçonnées pour moi. Par exemple, dans certains pays d’Asie, la Fierté gaie est l’occasion pour toute une population de changer de rôle et de permettre, sous forme de carnaval aux hommes hétéros, de passer une journée à vivre comme leurs amis gais, à partager leurs émotions. Pour des peuples plus grégaires, comme en Nouvelle-Guinée, c’est l’occasion de célébrer l’amour quel qu’il soit sans la moindre retenue.
Dans tous les cas, les célébrations de la Fierté LGBT sont toujours synonymes de libération et d’épanouissement. Certains pleurent chaque année pendant leur défilé de la Fierté parce qu’ils regardent autour d’eux et se disent, « aujourd’hui, je suis à 100% avec les miens ». Hommes et femmes!