ROBERT BEAUDRY NE DIT RIEN!

Roger-Luc Chayer

«Mais qu’est-ce qui se passe avec votre ville au juste?», me demandait
une touriste française de passage à Montréal (Village) en
mars dernier pour une conférence de quelques jours… «Mais c’est
effrayant toute cette crasse, n’avez-vous pas de fierté? Que font
vos élus?», me demandait avec une colère à peine camouflée celle
qui s’attendait à une perle d’Amérique, comme on présente souvent
la Métropole dans les publicités européennes… Pour un Montréalais,
la réaction de cette touriste est gênante, mais c’est pire quand
on tente de savoir ce qui se passe directement auprès des élus de
l’arrondissement Ville-Marie, dont Robert Beaudry, conseiller responsable
du Village. Les plaintes fusent, depuis des années, tant
sur l’état de malpropreté de l’ensemble du Village, que sur la présence
de très nombreux itinérants ou de vendeurs de drogue qui
ont un impact sur la qualité de vie de tous et sur l’économie locale.
Gay Globe tente depuis longtemps de rencontrer le conseiller
Beaudry pour savoir quels sont ses plans, qu’est-ce qu’il entend
faire concrètement pour sauver le Village et lui redonner un peu
de propreté dans tous les sens du mot, mais voilà, Robert Beaudry
ne veut pas répondre à nos questions. Pire, il essaie même de
contrôler notre liberté de presse en essayant de filtrer nos questions
avant d’accepter de nous rencontrer. Le 11 février 2018, nous communiquions par courriel avec son assistante, Mme Faucher,
pour lui expliquer l’importance de la communication entre les élus
et les médias. Le 13 février 2019 seulement, Mme Faucher nous
écrivait «Vous me voyez désolée de ce délai, si vous souhaitez
faire une entrevue avec Monsieur Beaudry (portrait de l’élu, sa
vison, etc), je vous invite à nous transmettre une liste de questions
ainsi qu’une date d’échéance et nous analyserons la possibilité de
planifier une entrevue.» Une première ou presque dans ma carrière!
J’ai immédiatement répondu que les règles du Conseil de
Presse interdisaient aux journalistes de donner un droit de regard à
leurs sources avant publication, ce à quoi Mme Faucher me répondait
huit jours plus tard «M. Beaudry ayant un horaire très chargé et
un temps restreint nous demandons, avant d’accepter ou non une
entrevue, à connaître les angles et les sujets qui seront abordés…»
Évidemment, je n’ai pas soumis mes questions au préalable et
Monsieur Beaudry refuse encore et toujours d’affronter la terrible
réalité de la gestion de son secteur. Nous reviendrons d’ailleurs sur
le sujet en page 10 de cette édition avec des photos et la publication
intégrale des questions que nous aurions pour l’élu furtif!