SANTÉ MASCULINE

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Fracture d’ostéoporose: cinq différences
hommes / femmes

Avec des os plus volumineux et donc plus résistants à la fracture, les hommes ont une masse osseuse qui dépasse celle des femmes. L’ostéoporose – cet os devenu mince, poreux et très fragile – ne les épargne pas pour autant. Les hommes voient leur capital osseux diminuer dès 50 ans, sous le coup de la baisse de la production des hormones sexuelles (œstrogènes, testostérone) et d’autres facteurs. Longtemps considérée comme une maladie féminine, l’ostéoporose et son risque de fracture touchent néanmoins 15% des hommes après l’âge de 50 ans. Chez l’homme, lorsque l’ostéoporose frappe, c’est souvent plus fort. Les conséquences sont généralement plus graves en cas de fracture sévère car celle-ci survient surtout sur un terrain «fragile» c’est à dire plus souvent en présence de facteurs de risques (tabagisme, intoxication éthylique etc.) et de nombreuses maladies associées.

Par exemple, l’alcool (consommé de manière prolongée à raison d’au moins 3 verres/jour) détruit le tissu osseux. Pr Cortet: «On a tendance à l’oublier: l’ostéoporose peut être une maladie fatale. La mortalité à 5 ans après une fracture liée à l’ostéoporose atteint 51% chez les hommes contre 39% chez les femmes de plus de 60 ans. Certaines fractures dites sévères (vertèbre, hanche, bassin, humérus) augmentent le risque de décès. Mais cette surmortalité est plus importante au sein de la population masculine.

Au-delà de 80 ans, les fractures chez l’homme sont trois fois moins fréquentes que chez la femme mais elles s’accompagnent d’une surmortalité deux à trois fois plus importante.»

Dans plus d’un cas sur deux, l’ostéoporose chez l’homme est consécutive à une maladie ou à la prise d’un traitement. C’est pourquoi chez un homme et particulièrement chez un homme jeune, il faut rechercher des causes secondaires (maladies de la glande thyroïde et plus généralement des glandes endocrines, maladies respiratoires, du foie et du tube digestif, rhumatismes inflammatoires, bronchites chroniques) ou des traitements (cortisone en traitement de plus de 3 mois à une dose >7,5mg/jour) ayant pu détruire de façon insidieuse le tissu osseux. Un dosage de la testostérone chez l’homme de moins de 50 ans et la recherche d’une surcharge en fer peuvent être nécessaires. Mais 50% des ostéoporoses chez l’homme entre 30 et 60 ans restent inexpliquées. La génétique joue probablement un rôle dans ces ostéoporoses. En cas d’antécédents de fracture ostéoporotique, pas d’hésitation: il faut traiter l’ostéoporose car le risque de nouvelle fracture est important. Or, s’il est montré que les hommes sont plus susceptibles que les femmes d’être soignés dans un établissement de soins longue durée après une fracture, on pense moins souvent à les évaluer pour l’ostéoporose et même à mettre en place un traitement médicamenteux !

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