IST : et si vous étiez contaminé sans le savoir ?

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L’Inpes lance une nouvelle campagne de prévention contre les IST (infections sexuellement transmissibles). Elle rappelle qu’un certain nombre de ces infections ne provoquant pas de symptômes visibles, de nombreuses personnes sont atteintes sans le savoir. Le dépistage est donc primordial pour être pris en charge le plus tôt possible.

Publié le 04/07/2011 par Vanessa Ribes

Gonocoques, syphilis, chlamydiae, hépatites B… ces infections sexuellement transmissibles, occultées par le VIH, sont pourtant en recrudescence depuis les années 2000. Or, les IST peuvent se développer en l’absence de tout symptôme ou en l’absence de symptômes clairement identifiables. Un terrain propice pour leur transmission à l’insu des personnes porteuses. La nouvelle campagne de l’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) vise donc à instaurer le « réflexe dépistage » chez les 15-30 ans à la sexualité active.

Ce film retrace la vie sexuelle de Franck, à laquelle sont indirectement reliées celles de dizaines d’autres personnes. Suivent des interviews plutôt cocasses des IST incriminées. Sous des dehors légers, la campagne de l’Inpes entend donc inciter les jeunes à se faire dépister, rappelant dans son message que « des milliers de gens sont porteurs d’une IST sans le savoir ».
(Voir la campagne)

Cette campagne intervient alors que l’Institut de veille sanitaire vient de sortir un BEH (bulletin épidémiologique hebdomadaire) dédié aux IST. Une nécessité au regard de la recrudescence depuis l’an 2000 des IST – notamment les infections à gonocoques et la syphilis – alors même qu’elles avaient presque disparu des pays développés dans les années 90. Dans l’éditorial du BEH, le Pr Michel Janier (service de dermatologie, hôpital Paris Saint Joseph) nuance toutefois cette quasi éradication, souligant qu’elle était « moins due aux campagnes de prévention qu’à la peur de mourir du sida ». Or, depuis l’arrivée de traitements efficaces contre le VIH, on note une reprise des conduites à risques, et donc, fatalement, une recrudescence des contaminations par une IST.

Le retour de la gonococcie

Aussi appelée blennorragie ou « chaude pisse », la gonococcie a progressé de 52 % entre 2008 et 2009. Si les contaminations sont toujours plus importantes chez les hommes en Ile-de-France et chez les homosexuels, elles s’étendent vers les populations hétérosexuelles d’autres régions. « Cette constatation laisse présager l’augmentation d’IST plus graves, notamment du VIH et des hépatites B dans les populations moins averties de la nécessité de se protéger », indiquent les auteurs de l’article du BEH.

La syphilis s’accroche

Une épidémie de syphilis a touché la France en 2000. Si au début elle ne touchait que les homosexuels, la population hétérosexuelle n’est aujourd’hui plus épargnée. Depuis 3 ans, le nombre annuel de cas est d’ailleurs supérieur à 500. Une situation qui inquiète Alice Bouyssou, du département des maladies infectieuses de l’InVs ( Institut national de veille sanitaire) : « Ceci ne peut que faire craindre la réapparition de la syphilis congénitale, en particulier dans la population échappant au suivi prénatal ».

Lymphogranulomatose vénérienne, chlamydia et hépatite B

Une autre IST fait également parler d’elle : la lymphogranulomatose vénérienne. Éradiquée dans les années 80, elle fait aujourd’hui son grand retour. 160 cas ont ainsi été recensés en 2009. Toutefois, seule la population homosexuelle est pour le moment concernée.
Enfin, il faut signaler les préconisations recommandées par l’InVs et l’Inpes. Ces organismes souhaiteraient « inscrire le dépistage des infections à chlamydia dans les priorités de santé publique et le rendre gratuit ». Et concernant le virus de l’hépatite B, dont on estime à 2400 le nombre de nouveaux cas par an, il s’agirait « d’augmenter la couverture vaccinale et d’améliorer les pratiques de dépistage, avec la recherche de l’antigène HbS chez les personnes susceptibles d’avoir été exposées à ce virus ».

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