
Roger-Luc Chayer (Image : Source Bandicam, mais semble provenir d’un conseil d’arrondissement du Plateau-Mont-Royal)
Scandale et harcèlement envers les Montréalais et les automobilistes du Québec
L’un des plus grands scandales impliquant ce que plusieurs considèrent comme du harcèlement envers les Montréalais, et plus largement envers les automobilistes du Québec qui circulent dans la métropole, a été révélé par le maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal lors de ce qui semble être une séance du conseil d’arrondissement. Ces propos remontent aux années où la mairesse Valérie Plante et Projet Montréal, le même parti que le maire Luc Ferrandez, dirigeaient la ville. Selon leurs détracteurs, ils ont alors imposé une doctrine dont les résultats sont aujourd’hui visibles à Montréal.
Au Québec, tous les conducteurs de véhicules, quels qu’ils soient, paient des frais d’immatriculation et sont en droit de s’attendre à ce que les politiciens, les maires, les maires d’arrondissement ainsi que les députés fédéraux et provinciaux veillent à ce que les infrastructures routières et la circulation soient gérées de façon efficace. Non seulement ils paient des droits d’immatriculation, mais la grande majorité d’entre eux contribuent également aux taxes municipales, qu’ils soient propriétaires ou locataires.
Selon la SAAQ, les droits d’immatriculation sont les frais exigés par la Société de l’assurance automobile du Québec pour enregistrer un véhicule et lui permettre de circuler légalement sur les routes du Québec.
Selon la Ville de Montréal, les taxes municipales à Montréal servent à financer les services et infrastructures dont la responsabilité relève de la ville et de ses arrondissements. Elles contribuent notamment à l’entretien et à la réfection des rues locales. De façon plus concrète, une partie importante du budget de la ville est consacrée au réseau routier municipal : entretien des chaussées, réparation des nids-de-poule, signalisation, trottoirs, feux de circulation et travaux de réfection des infrastructures souterraines qui se trouvent sous les rues. Les taxes municipales servent également à financer les projets d’aménagement et de mobilité décidés par l’administration municipale.
Toujours selon la Ville de Montréal, les dépenses directement attribuées au réseau routier représentent environ 6,2 % du budget, auxquelles on peut ajouter une partie des dépenses liées au déneigement, aux feux de circulation et à certains travaux d’infrastructures. Autrement dit, lorsqu’un contribuable montréalais paie ses taxes municipales, une partie de cet argent sert effectivement aux rues, aux trottoirs, aux feux de circulation et à l’entretien du réseau routier.
Est-ce que ça peut être plus clair ?
Toutefois, lors d’une réunion du conseil d’arrondissement du Plateau-Mont-Royal dont je ne connais pas la date exacte, le maire d’arrondissement Luc Ferrandez a exposé sa vision, et ses propos ont été enregistrés. Voici le verbatim exact de ce qu’il a déclaré, que vous pouvez également écouter dans la vidéo au https://gayglobe.net/Ferrandez26.mp4
« Si on veut agir, il faut lutter contre les changements climatiques. Il faut décourager la possession de la voiture individuelle, il faut décourager l’utilisation de la voiture au centre-ville. Et la congestion est une solution. Rendre la vie difficile aux automobilistes est une des solutions.
Alors, lorsqu’on fait ça, on le fait en pleine connaissance de cause. On se dit : on va retirer la voiture de là où elle nuit le plus, autour des parcs et des écoles. Et puis, elle va aller ailleurs. Cet ailleurs va devenir moins confortable. Il faut rétrécir ces rues-là. Il faut les rendre plus étroites. Il faut mettre des dos d’âne, il faut installer davantage de feux de circulation. Puis, après, ça ne suffit pas. Il faut aller encore plus loin. »
Il est absolument aberrant qu’un élu affirme ouvertement vouloir rendre la vie plus difficile aux Montréalais, volontairement et en pleine connaissance de cause, comme il l’explique lui-même. Pendant ce temps, les citoyens paient leurs taxes municipales et leurs frais d’immatriculation en croyant que le maire du Plateau-Mont-Royal et les autres élus de son administration travaillent à améliorer leur qualité de vie et à favoriser une circulation plus fluide dans les rues de la métropole, contribuant ainsi à une économie plus dynamique et à un meilleur cadre de vie.
Or, M. Ferrandez ne voyait manifestement pas les choses de cette façon.
Conséquences urbaines, économiques et sociales des politiques municipales
Lors d’une de ses campagnes électorales, je ne me souviens plus de l’année exacte, j’avais croisé M. Ferrandez alors qu’il rencontrait les électeurs du Plateau. Il se trouvait devant l’épicerie Intermarché, à l’angle des rues Boyer et Mont-Royal, alors que je livrais le magazine à cet établissement et que je tentais de trouver mon chemin dans le dédale des rues à sens unique qui semblaient ne mener nulle part. Je m’étais alors arrêté, après ma livraison, pour aller m’entretenir avec lui.
Je lui avais demandé s’il pouvait trouver une solution pour rendre la circulation plus fluide dans son arrondissement, en lui expliquant que, pour sortir de son périmètre, je devais soit rouler dans les ruelles, ce qui n’était pas recommandé, soit emprunter des rues à sens inverse pour pouvoir rejoindre un boulevard et quitter son arrondissement.
Il m’avait écouté avec beaucoup de bienveillance et m’avait assuré qu’il allait demander à ses fonctionnaires de revoir la circulation pour l’améliorer. Mais c’était évidemment en période de campagne électorale et, surtout, je ne connaissais pas l’existence de cette vidéo ni de ses plans réels. Il avait été réélu cette année-là.
Sur le plan de la perception citoyenne, ce type de formulation peut être très sensible. Dire explicitement que « la congestion est une solution » ou qu’il faut « rendre la vie difficile aux automobilistes » peut être interprété comme une volonté punitive plutôt que comme une stratégie d’aménagement. Même si l’objectif affiché est environnemental ou de sécurité, le choix des mots peut créer une impression de conflit entre élus et automobilistes, surtout dans un contexte où beaucoup de gens dépendent encore de la voiture au quotidien.
Sur le plan démocratique, ce genre de déclaration soulève surtout une question de fond : jusqu’où un élu peut-il aller dans la transformation des comportements sans rompre l’adhésion sociale ? Une politique de réduction de l’automobile peut être cohérente, mais elle doit généralement s’accompagner d’alternatives solides (transport collectif efficace, accessibilité, cohérence régionale), sinon elle est perçue comme une contrainte unilatérale.
On a maintenant connaissance des conséquences des politiques de M. Ferrandez, longtemps après son départ de la mairie d’arrondissement, et ces politiques de harcèlement contre les véhicules ont mené la ville de Montréal, car la mairesse de la ville centre était aussi du même parti, à des conséquences humaines, économiques et sociales désastreuses.
À cause de sa doctrine uniquement axée sur la contrainte à l’égard des automobilistes, son ancien arrondissement et la Ville de Montréal en général, puisque son parti était aussi à la tête de la ville centre, font face à des défis qui se révèlent particulièrement importants, puisqu’ils découlent de nombreuses années au cours desquelles les politiques auraient, selon cette lecture, davantage privilégié certaines orientations urbaines que le bien-être économique et social des Montréalais.
Crise des nids-de-poule que la nouvelle administration n’arrive pas à corriger, en raison du manque chronique d’entretien de l’administration précédente et de la priorisation de saillies, dos d’âne et rétrécissements de rues plutôt que de leur entretien. Crise du logement, alors que des Montréalais vivent à la rue, dans de vastes campements, alors que cela n’existait pas auparavant. Crise de l’itinérance, alors que des personnes en détresse ont été ignorées pendant des années. Crise des transports en commun, alors que la STM fait face à des déficits importants et difficiles à résorber.
Montréal ne traverse pas une seule « crise », mais plutôt un ensemble de tensions sociales et économiques qui se superposent et s’alimentent mutuellement.
La plus visible est la crise du logement. Les loyers ont fortement augmenté au cours des dernières années, le taux de vacance est bas et l’offre de logements abordables reste insuffisante. Cette pression touche autant les ménages à faible revenu que la classe moyenne, et contribue directement à d’autres enjeux sociaux.
Dans la continuité, l’itinérance est en hausse dans la métropole. Elle est alimentée principalement par la difficulté d’accès au logement, mais aussi par des enjeux de santé mentale et de dépendances, ainsi que par la saturation des ressources d’hébergement. Cela se traduit par une présence plus visible de l’itinérance dans certains espaces publics.
Sur le plan économique, plusieurs ménages font face à une pression liée au coût de la vie. L’inflation des dernières années, combinée à la hausse des loyers et des taux d’intérêt, a réduit la marge de manœuvre financière d’une partie importante de la population.
Un autre enjeu important concerne les infrastructures urbaines. Le vieillissement du réseau routier et des infrastructures souterraines entraîne des coûts élevés d’entretien et des chantiers fréquents, ce qui a des répercussions sur la mobilité et sur la perception de qualité de vie en ville.
Les transports collectifs sont également sous tension. Le réseau est essentiel au fonctionnement de la métropole, mais il fait face à des besoins importants de financement et de modernisation, dans un contexte où la demande évolue et où les habitudes de déplacement ont changé depuis la pandémie.
Est-ce que le fait de compliquer la vie des conducteurs de véhicules était vraiment la priorité, quand on sait ce que la ville est devenue ?
Luc Ferrandez occupe principalement aujourd’hui des fonctions de chroniqueur et d’animateur radio au 98,5 FM à Montréal, où il intervient comme analyste et commentateur de l’actualité politique et municipale.
Depuis son départ de la vie politique municipale, il n’occupe plus de fonction élective. Son activité publique est surtout centrée sur les médias, où il participe à des émissions d’information et de débat, en particulier sur les enjeux urbains, environnementaux et politiques liés à Montréal et au Québec.
Il peut aussi être invité ponctuellement comme analyste dans d’autres contextes médiatiques, mais sa fonction principale actuelle demeure celle de personnalité médiatique et commentateur.
Ses fonctions de journaliste et de commentateur sont, selon moi, incompatibles avec son passé. À vous de juger.
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