Pour Rocard, les homosexuels sont des êtres « normaux, à part cette particularité »

L’Express

Interrogé sur le mariage homosexuel sur Europe 1, Michel Rocard a reconnu que la reconnaissance de droits des gays venait bien tard. L’ancien Premier ministre socialiste est un habitué des phrases iconoclastes.

 

Pour Rocard, les homosexuels sont des êtres "normaux, à part cette particularité"
L’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard trouve la reconnaissance des droits des homosexuels « bien tardive » pour des gens « normaux, à part cette particularité ».

afp.com/Miguel Medina

 

L’ancien Premier ministre Michel Rocard (PS) a vu mercredi dans l’instauration du mariage homosexuel une reconnaissance qui « vient bien tard » pour des hommes et femmes « normaux, à part cette particularité ».

Comme Europe 1 lui demandait si le vote au parlement de la veille avait été historique, il a répondu : « Oui, c’est important. Il y a des homosexuels dans l’humanité depuis toujours, mais on les a, pendant des millénaires, opprimés, persécutés, punis, voire tués ».

« La reconnaissance de ce que ce sont des êtres humains normaux, à part cette particularité, est venue bien tard », a jugé M. Rocard.

Février 2013: « Le Pacs aurait pu suffire »

« Le pacs était déjà un pas en avant, le mariage, ça les reconnaît comme des êtres humains normaux et comparables à tous les autres, ça règle un problème historique », selon l’ancien chef de gouvernement.

Il a mis en garde cependant contre un « réflexe de crainte qui se répand ». « Il va falloir que tout le monde se calme », qu’on « respecte » la loi et « qu’il n’y ait pas trop d’incidents à l’occasion de son application ».

En février 2013, dans un entretien accordé au magazine Valeurs actuelles, Michel Rocard s’était déjà prononcé en faveur du mariage homosexuel, tout en estimant que « le Pacs aurait pu suffire ». Surtout, il se montrait hostile à l’adoption pour les couples de même sexe: « Tout ça, dit-il, me paraît dangereux. Pour l’adoption, il me semble que ce n’est pas souhaitable, donc je ne suis pas pour. »

L’ancien adversaire politique de François Mitterrand est un habitué des formules polémiques. Il avait ainsi évoqué « la maladie mentale » de Domonique Strauss-Kahn.

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