LES «GROS MOTS» Homophobes, mais taisez-vous donc enfin!

Roger-Luc Chayer

Histoire vraie… Dimanche le 15 juin dernier, alors que je remplissais le présentoir du magazine dans un commerce situé sur le Plateau Mont-Royal, j’ai confronté un homophobe qui agissait ouvertement en toute impunité, et je lui ai cloué le bec!

Oui car même le dimanche, quand il faut travailler, faut travailler c’est la vie. Prenant mon temps en cette belle journée de la fête des pères pour remplir un présentoir de notre publication, situé dans un commerce sur la rue Mont-Royal Est, est alors arrivé un individu d’une cinquantaine d’années, tronqué de son panier d’achats et à l’air plutôt simplet, rien de spécial à déclarer jusqu’à ce qu’il ouvre la bouche. Voyant que je remplissais notre espace avec une revue du nom de Gay Globe, sans que je ne lui adresse la parole, il a dit d’une voix bien forte «une revue gaie icitte, c’est franchement n’importe quoi». Surpris de son commentaire,  je lui ai répondu tout bonnement «vous devriez en prendre une, c’est gratuit et ça vous ouvrirait peut-être de nouveaux horizons», en riant sans le regarder tout en lui tendant un exemplaire et continuant mon travail. Et lui, de me répondre aussi vite «non merci».

Ne voulant en rester là, après tout cet homme avait visiblement besoin d’aide intellectuelle et une revue aussi gentille que la notre ne pouvait que l’aider, je lui ai demandé sans le regarder «homophobe peut-être?», et lui de me répondre «oui un peu…»

Et là c’en était trop! Que l’on projette ses opinions publiquement c’est une chose que j’accepte volontiers car je m’en fichtre comme de l’an 40 mais qu’on affiche ses intolérances sur le simple fait de ce que je suis, sans considérer ce que je fais et mon apport comme gai à la société ça c’est du crachat!

Comme pour un nazi qui viendrait me dire que c’est normal de tuer des juifs, l’homophobie n’a pas sa place dans l’espace public, connard ou pas, illettré ou pas. Je lui ai donné ma façon de penser alors qu’une employée de ce commerce passait par hasard au moment où je lui servais une tarte aux choux de Bruxelles de première classe sur les ravages de l’homophobie en Russie, en Afrique, exécutés par les musulmans ou condamnés à mort au Brunei. J’ai bien pensé pendant un moment qu’il allait faire une crise cardiaque face au mur moral que je lui opposais. Mais il n’est pas mort!

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