AFP et Roger-Luc Chayer
L’agence américaine de lutte contre le trafic de drogue (DEA) a mis en garde contre une nouvelle pratique consistant à couper des drogues avec du fentanyl, un puissant antidouleur, après qu’une quarantaine de personnes sont mortes ou ont fait une overdose en Californie. «Les overdoses se produisent à un rythme alarmant et sont la base de cette alerte de sûreté publique», a expliqué la DEA dans un communiqué.
Depuis la semaine dernière, a détaillé l’agence, 36 personnes ont fait une overdose et neuf autres sont mortes dans les environs de Sacramento, capitale de l’État de Californie dans l’ouest américain, après avoir ingéré ce type de mélange. Les autorités pensent que les comprimés sont vendus dans la rue sous l’aspect d’un analgésique narcotique disponible sur ordonnance aux États-Unis, l’hydrocodone.
Le fentanyl est un antidouleur inodore considéré comme étant 25 à 50 fois plus puissant que l’héroïne et 50 à 100 fois plus que la morphine. Il est généralement utilisé pour soulager de fortes douleurs postopératoires ou prescrit à des patients atteints du cancer.
Parmi les victimes – toutes âgées entre 18 et 59 ans – du mélange incriminé par la DEA, un père de trois enfants âgé de 28 ans est mort à Sacramento après avoir ingurgité une tablette de ce qu’il pensait être du norco, un autre antidouleur. Les responsables policiers estiment qu’une version illicite du fentanyl s’est répandue dans l’Ouest américain par le biais des réseaux de drogue mexicains, après avoir d’abord été repérée dans le Midwest, le centre des États-Unis.
Le président Barack Obama a dénoncé le fléau persistant des drogues lors d’un sommet consacré aux abus de prescriptions d’opiacés en début de semaine, rappelant que davantage de personnes meurent d’overdose que d’accidents de la route aux États-Unis.
NDLR: L’importance de cette nouvelle prend tout son sens dans le fait que ce qui se passe aux États-Unis s’est produit à Montréal l’été passé alors que le même produit circulait au sein de certains établissements gais du Village et que près de 30 personnes en sont mortes, sans parler des séquelles permanentes qui affligent plusieurs survivants. Ce n’est pas tout d’en parler, il faut agir de façon responsable en éliminant ces substances qui empoisonnent la vie de notre communauté. Ceux qui souhaitent obtenir de l’aide pour eux ou pour un proche peuvent contacter notre partenaire «Jeu Aide et Référence» au 1.800.461.0140 (voir la publicité en page 3 de cette édition.