Charles Milliard et la question inappropriée d’un journaliste : un incident qui choque le Québec

Opinion : Roger-Luc Chayer (Vidéo : Origine inconnue)

L’audace inappropriée d’un journaliste à la conférence de presse de Charles Milliard

Non mais quel question inappropriée ! Et je ne parle pas du nouveau chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, mais du journaliste que l’on entend en arrière-plan poser une question qui semblait tout droit sortie d’une autre époque et qui a fait preuve d’une ignonimie telle que, si j’avais connu le nom du journaliste et celui de son média, j’aurais certainement porté plainte au Conseil de presse du Québec pour question tendancieuse et carrément homophobe. Je vous explique.

Lors de sa première grande conférence de presse suivant sa nomination comme chef, un journaliste a posé la question suivante à M. Charles Milliard : « Est-ce que vous croyez que les Québécois sont prêts à élire un premier ministre homosexuel ? » Lorsque j’ai entendu cette question, qui m’avait été envoyée par un ami et allié du magazine Gay Globe, j’ai littéralement sauté de ma chaise tant j’étais outré d’entendre cet individu manifestement tendancieux tenter de créer un malaise ou un moment négatif avec une question qui ne le regarde absolument pas et qui relève uniquement de la vie privée du chef Milliard.

Charles Milliard : un leader politique ouvertement homosexuel

Selon mes recherches, Charles Milliard est un homme politique québécois devenu chef du Parti libéral du Québec en 2026. Issu du milieu des affaires et de la gestion, il s’est d’abord fait connaître pour son leadership stratégique, sa capacité à mobiliser des équipes et son approche pragmatique des enjeux économiques et sociaux. Avant son entrée officielle en politique partisane, il a occupé des fonctions importantes dans le secteur privé et institutionnel, développant une expertise reconnue en développement organisationnel et en gouvernance.

Ouvertement homosexuel, Charles Milliard assume publiquement son orientation sexuelle, qu’il présente comme une composante naturelle de son identité, sans en faire l’axe central de son engagement politique. Sa visibilité contribue néanmoins à la représentation des personnes LGBTQ+ dans les plus hautes sphères décisionnelles du Québec. Pour plusieurs observateurs, sa nomination symbolise une évolution des mentalités et une affirmation de la diversité au sein du leadership politique québécois.

La réponse de Charles Milliard

La réponse de Charles Milliard au journaliste a été tout à fait convenable et bien établie. Il a déclaré : « Ah, mon Dieu, on verra bien. Chaque Québécois a le droit de vote, moi je suis allé en politique… La politique, c’est faire une chose publique et je n’avais pas l’intention de me cacher par rapport à qui je suis pour les Québécois, alors ils jugeront, mais à voir le tonnerre de soutien que je reçois, pour une nouvelle qui ne l’est pas, ça me remplit d’espoir et s’il y a des jeunes qui nous entendent et qui se reconnaissent là-dedans, grand bien leur fasse ».

Chefs d’État et de gouvernement LGBT dans le monde

La visibilité des dirigeants LGBT dans le monde illustre l’importance de l’égalité et de la diversité au plus haut niveau politique :

  • Edgars Rinkēvičs — Président de la République de Lettonie, ouvertement gay depuis 2023, l’un des rares chefs d’État LGBT dans l’Union européenne.
  • Xavier Bettel — Ancien Premier ministre du Luxembourg, ouvertement gay et figure politique européenne majeure.
  • Ana Brnabić — Ancienne Première ministre de Serbie, lesbienne, l’une des dirigeantes LGBT les plus visibles au niveau national.
  • Leo Varadkar — Taoiseach en Irlande, ouvertement gay, symbole de la représentation LGBT dans la politique irlandaise.
  • Gabriel Attal — Nommé en 2024, premier Premier ministre français ouvertement gay, marquant une avancée majeure pour la visibilité LGBT.

Figures historiques ou marquantes

  • Elio Di Rupo — Premier ministre de Belgique, ouvertement gay, l’un des premiers hommes homosexuels à diriger un gouvernement européen.
  • Paolo Rondelli — Capitaines régents de Saint‑Marin en 2022, l’un des premiers chefs d’État ouvertement LGBT.

L’homophobie dans le journalisme : définition et manifestations

L’homophobie dans le journalisme se manifeste par des attitudes, des choix éditoriaux ou des représentations qui dénigrent, marginalisent ou stigmatisent les personnes LGBT. Elle peut être subtile, implicite ou systémique, plutôt que brute et explicite.

Elle se traduit par un langage stigmatisant, l’omission ou l’invisibilisation des actualités concernant la communauté LGBT, ou la reproduction de stéréotypes réduisant systématiquement les personnes LGBT à leur orientation sexuelle. Même des titres neutres peuvent véhiculer une homophobie implicite si l’accent est mis sur la sexualité d’une personne dans un contexte où ce n’est pas nécessaire.

Mon analyse comme journaliste LGBTQ+

Dans mon expertise comme journaliste au sein de certains médias LGBT depuis 1993 (Magazine RG, Le Point, Gay Globe, etc.) et comme ex‑président de l’Association canadienne des journalistes du chapitre de Montréal, si j’avais une expertise légale à produire, je jugerais que la question de ce journaliste n’était pas nécessaire dans le contexte de la conférence de presse, qu’elle était tendancieuse, qu’elle a clairement porté préjudice envers les membres des communautés LGBTQ+, qu’elle a pu confirmer auprès d’une partie de la population plus conservatrice que l’homosexualité peut influencer l’évaluation des compétences d’une personne, et j’aurais servi un blâme sévère à l’auteur de la question en l’obligeant à s’excuser et à produire quelques reportages sur les ravages de l’homophobie dans nos sociétés modernes et démocratiques.

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