CIVISME: LE PASSAGE CLOUTÉ

Roger-Luc Chayer

Le passage clouté pour les nuls, c’est aussi pour tout le monde, pas que pour les nuls, bien que dans ce domaine, il en pleuve des tonnes à Montréal, car personne ne s’est jamais vraiment donné la peine d’expliquer en quoi consiste exactement un passage clouté.

D’une origine assez récente, il fut un temps où les passages piétons étaient indiqués par deux rangées de clous bombés d’environ 10 cm de diamètre, dont la tige était calée entre les pavés, ou enfoncés dans le revêtement de la chaussée. Les passages cloutés ont été introduits en Suisse en 1932. (Wikipédia)

À notre ère moderne, on a remplacé les clous par des bandes de peinture qui indiquent un endroit où les piétons et cyclistes peuvent traverser en ayant la priorité. Mais la priorité ce n’est pas de pouvoir passer à sa guise en causant des accidents, comme cela a failli se produire en mai, alors que je circulais sur le Plateau-Mont-Royal.

Je roulais à peine à 30km/h ce jour-là, il y avait d’ailleurs pas mal de circulation lorsque, arrivant sur un passage clouté, une jeune fille apparaît devant mon camion et cogne sur le capot en manifestant son mécontentement. Elle faisait son jogging avec des écouteurs aux oreilles.

Surpris par son geste, je suis descendu de mon véhicule pour lui demander si elle était suicidaire! Et l’agressive reine du Plateau de me répondre que c’était un passage clouté, qu’elle avait priorité et que c’était à moi de freiner. Oui mais voilà, il y a des règles ma chère dame qu’il faut vous expliquer ai-je tenté de lui dire, sans succès, elle ne voulait rien entendre et est repartie continuer ses tentatives de suicide dans les rues de Montréal.

On ne traverse pas un passage clouté n’importe comment. En ne respectant pas les règles, une personne qui ne s’arrêterait pas avant de traverser pourrait causer un accident, causer des blessures aux gens et être responsable financièrement de ses actes. Sur la page de la Société de l’Assurance Automobile du Québec, on dit que le code de la sécurité routière définit ainsi l’utilisation d’un passage clouté: « Le piéton a la priorité sur les conducteurs et les cyclistes, qui doivent lui céder le passage. Par contre, il doit s’assurer qu’il peut traverser sans risque, c’est-à-dire que les véhicules et les cyclistes l’ont vu et qu’ils lui cèdent le passage.»

C’est un peu comme une automobile qui utilise son clignotant pour signaler son intention de tourner à droite. Ce n’est pas parce que le clignotant est en marche que l’automobiliste n’a pas l’obligation de regarder avant de tourner!!! Il signale, observe et si la manoeuvre est sécuritaire, il peut tourner.

Même chose avec les piétons qui souhaitent traverser un passage clouté. Il faut d’abord s’arrêter en bordure du trottoir. En se plaçant ainsi, il manifeste son intention de traverser et quand les véhicules voient la personne, ils peuvent s’arrêter et la laisser passer. La personne doit s’assurer que les véhicules soient arrêtés et ne pas bêtement traverser en s’imposant à la circulation!

Si on revient au cas de la reine du Plateau, si enragée à l’idée que j’aurais pu lui rouler dessus parce que madame arrivait en courant du parc et que j’aurais dû la voir et en même temps, freiner au mépris des véhicules derrière moi, si un policier avait été présent, elle aurait reçu une contravention pour son geste imprudent qui avait un potentiel de conséquences importantes.

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