Roger-Luc Chayer
NDLR: Cette lettre ouverte destinée au maire Denis Coderre de Montréal s’inscrit dans la série «Denis faut qu’on se parle» qui sera publiée dans ces pages sous forme de chroniques, d’ici à la prochaine élection municipale en 2017.
Denis fais pas ça! Ne le fais pas, c’est indécent et incohérent avec la situation des itinérants de Montréal, TA ville, de l’arrondissement Ville-Marie, TON arrondissement, et du Village gai, territoire sous TA responsabilité qui englobe le pont Jacques-Cartier et le plus grand nombre d’itinérants dans TA ville!
Denis fais pas ça! Il y a à Montréal plus de 3000 itinérants visibles dont la très grande majorité occupe un trou, un creux ou une entrée de porte de commerce dans ton arrondissement. Tu veux dépenser, pour ne pas dire gaspiller, 9,5 millions de nos piasses pour mettre des ampoules de couleur qui vont flasher sur le pont Jacques-Cartier, dans le cadre d’un projet global de plus de 39,5 millions de dollars? C’est une farce? Dis-nous que c’est une farce bon sang! On aurait le droit de le croire puisque la Société du 375ème de Montréal est administrée par Gilbert Rozon, le blagueur en chef de la Ville de Montréal.
Denis fais pas ça! Est-ce que tu sais au moins c’est quoi l’itinérance? Tu ne dois pas le savoir, car si c’était le cas tu aurais déjà agi depuis les trois ans que tu es maire de Montréal et Roi de Ville-Marie. Tu as nommé un «protecteur des itinérants» pour faire bien, parce que pour le bien paraître, tu es aussi le Roi! Mais voilà, personne ne l’a jamais vu ton «protecteur», ni sur le front, ni en action… Tu admettras que l’itinérance ne va guère mieux depuis 3 ans!
Denis fais pas ça! Tiens, pour t’aider à comprendre, voici une simple définition du mot itinérance. Selon Centraide, c’est «une personne qui n’a pas d’adresse fixe, qui n’a pas l’assurance d’un logement stable, sécuritaire et salubre pour les jours à venir, au revenu très faible, avec une accessibilité souvent discriminatoire à son égard de la part des services publics, pouvant vivre des problèmes occasionnant une désorganisation sociale, notamment, de santé mentale, d’alcoolisme et/ou toxicomanie et/ou de jeux compulsifs, ou dépourvue de groupe d’appartenance stable».
Tu vois Denis, c’est pas ben compliqué, un itinérant, c’est le boutte du boutte, le fond du plat, un moins que rien pour beaucoup de gens, et pour toi, probablement un pas grand chose puisque tu ne fais rien de concluant pour sortir ces gens du trou dans lequel ils se sont perdus. 9,5 millions$ d’ampoules sur le pont, par contre, ça c’est OK, mais sais-tu ce que tu pourrais faire avec ce truck de piasses? Tu pourrais facilement bâtir ou subventionner assez de logements pour assurer la sécurité des itinérants de Montréal. L’État s’occuperait de leurs besoins alimentaires, médicaux et sociaux et nous pourrions même être un exemple à suivre en innovant avec des programmes uniques visant à prioriser les humains dans le besoin avant de réaliser les blagues coûteuses de Monsieur Rozon!
Denis fais pas ça! Ne le fais pas, c’est indécent et incohérent! Même moralement c’est inacceptable de gaspiller autant de notre fric à faire des projets comme ça. Tu veux ressembler à Paris avec sa tour Eiffel illuminée? Quand tu auras 66 millions de payeurs de taxes pour financer ça, on en reparlera, mais Montréal c’est 2 millions d’habitants. Denis fais pas ça!