Effondrement du système de santé au Québec: Urgence! (2012)

Image hôpital

Roger-Luc Chayer (Image: Gay Globe)

Tous les signaux sont réunis au Québec, en 2012, pour en venir à la seule conclusion possible, le système de santé s’est effondré dans ses fondements les plus élémentaires comme l’accès universel et l’État persiste à le cacher. C’est la profonde conviction exprimée par André V. (qui souhaite garder l’anonymat) quant à son aventure avec le système de santé québécois.

Tous les signaux sont réunis au Québec, en 2012, pour en venir à la seule conclusion possible : le système de santé s’est effondré dans ses fondements les plus élémentaires, comme l’accès universel, et l’État persiste à le cacher.

C’est la profonde conviction exprimée par André V. (qui souhaite garder l’anonymat) concernant son expérience avec le système de santé québécois. Il a souhaité nous accorder une entrevue pour dénoncer les problèmes et surtout l’hypocrisie du système de santé, qui, appuyé par ce qu’il décrit comme un « je-m’en-foutisme impérial » du ministre de la Santé Yves Bolduc, ne permet plus de soigner les Québécois.

Souffrant de plusieurs symptômes inexpliqués pendant de nombreuses années, comme des problèmes cardiaques, des douleurs abdominales, des troubles de la concentration et des résultats d’analyses sanguines toujours anormaux, son médecin de clinique d’urgence l’a référé au département d’hématologie de l’Hôpital Notre-Dame de Montréal pour en trouver l’origine. André a attendu près de quatre ans et demi avant de pouvoir enfin voir un hématologue qui, après avoir ordonné quelques tests sanguins complémentaires, lui a diagnostiqué une maladie génétique appelée hémochromatose.

L’hémochromatose est un trouble génétique qui cause une accumulation de fer dans le sang et des dommages à long terme aux principaux organes. Le seul traitement disponible pour réduire le taux de fer est la phlébotomie, une procédure qui consiste à retirer une grande quantité de sang du patient sans le remplacer, de manière à forcer le corps à produire du nouveau sang avec les réserves de fer accumulées, abaissant ainsi les réserves totales. Un patient peut subir plus de vingt phlébotomies par an et doit continuer ces traitements pour le reste de sa vie. Pour André, qui habite à quelques pas de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, il est impossible de recevoir ses traitements à cet hôpital car son médecin n’y est pas rattaché, ni à Notre-Dame où la liste d’attente est de plus de deux ans.

André a finalement réussi à recevoir des traitements à l’Hôpital du Lakeshore de Pointe-Claire et doit parcourir plus de 50 kilomètres aller-retour pour se faire traiter.

Pire encore, la maladie lui cause une atteinte importante de ses glandes productrices de testostérone, une hormone masculine responsable de la libido et du tonus musculaire. Or, le seul traitement efficace pour lui, les injections de testostérone (le gel topique étant inefficace dans son cas) est indisponible depuis quelques mois au Québec en raison d’une rupture de stock.

André pourrait devoir attendre encore quelques mois avant de pouvoir commencer son traitement hormonal puisque le médicament, normalement disponible au Québec, est introuvable car les compagnies pharmaceutiques n’en produisent pas assez, faisant ainsi monter le prix. Encore un autre débat qui ne semble pas préoccuper le ministre Bolduc, malgré les ruptures de stock pour de nombreux autres médicaments injectables, comme ceux contre le cancer. André doit consacrer un temps important à la recherche de médecins, à la prise de rendez-vous, et à la vérification des atteintes d’organes avec des examens d’échographie demandés par ses médecins, mais qui font l’objet de listes d’attente de plus de deux ans à Montréal.

Pendant ce temps, le ministre Bolduc, avec son « je-m’en-foutisme impérial », ne semble pas vouloir intervenir pour régler les problèmes d’accès à la santé de première ligne des Québécois, qui s’en plaignent au quotidien dans les médias, probablement parce que les coûts engendrés par une quelconque amélioration sont astronomiques. Mais est-ce que la solution réside dans de nouveaux budgets ou dans une gestion plus efficace du temps par les professionnels de la santé? La question devra se poser tôt ou tard!