(Archives) Monseigneur Lépine voudrait convertir les gais en hétéros!

Photo Monseigneur Lépine

Roger-Luc Chayer (Photo: Youtube / Image: Gay Globe)

À peine quelques heures après sa nomination au poste d’Archevêque de Montréal, en remplacement de Monseigneur Jean-Claude Turcotte, Cardinal à la retraite, Monseigneur Christian Lépine se retrouve face à une controverse de taille. En effet, il avait prétendu par le passé qu’il pouvait transformer les homosexuels en hétérosexuels. Je suis toujours fasciné par ces hommes d’Église, ces imams et ces rabbins qui, sous prétexte de la foi et de leur morale, veulent se mêler de l’intimité de leurs fidèles.

À peine quelques heures après sa nomination au poste d’Archevêque de Montréal, en remplacement de Monseigneur Jean-Claude Turcotte, cardinal à la retraite, Monseigneur Christian Lépine se retrouve face à une controverse de taille. En effet, il a prétendu par le passé qu’il pouvait transformer les homosexuels en hétérosexuels. Je suis toujours fasciné par ces hommes d’Église, ces imams et ces rabbins qui, sous prétexte de la foi et de leur morale, veulent se mêler de l’intimité de leurs fidèles.

Changer les homosexuels en hétérosexuels, juger les homosexuels et leur refuser les mêmes droits qu’au reste de la population, interdire aux femmes de se faire avorter après un viol, abuser de leur position d’autorité pour des actes répréhensibles… Ces exemples me fascinent, car peu d’organisations se drapant d’une moralité biblique se mêlent autant de sexualité que l’Église, un paradoxe qui suscite de plus en plus de réactions de la part d’un public qui valorise et exige aujourd’hui la laïcité complète de la sphère publique.

Quelles sont les implications de telles déclarations sur les homosexuels de la part de Monseigneur Lépine? La Charte québécoise des droits et libertés prévoit que toute discrimination basée sur l’orientation sexuelle est illicite et que cette discrimination est génératrice de dommages moraux. Quand l’Église catholique et son plus haut représentant à Montréal déclarent que l’on peut intervenir directement auprès de personnes homosexuelles pour les transformer en hétérosexuels, ils ciblent directement une minorité protégée sans distinction, en tentant de crédibiliser cette thèse sous couvert de liberté religieuse pour éviter les poursuites judiciaires basées sur l’atteinte d’un droit protégé par la Charte.

Or, la liberté de religion est également partie intégrante de la Charte québécoise. L’article 3 stipule : « Toute personne est titulaire des libertés fondamentales telles que la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d’opinion, la liberté d’expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d’association. » Mais cette garantie de liberté religieuse entre directement en conflit avec les articles 5 (droit au respect de la vie privée), 10 (droit à la reconnaissance et à l’exercice des droits et libertés sans discrimination), 10.1 (prohibition du harcèlement fondé sur l’un des motifs de l’article 10) et 11 (interdiction de la diffusion de messages discriminatoires).

Image prêtre

La Charte prévoit certainement une protection pour l’Église souhaitant convertir des fidèles à sa religion ou à ses croyances, mais vouloir changer la nature des humains et leur orientation sexuelle n’est certainement pas ce qui était prévu par le législateur en garantissant la liberté de religion.

Toute personne qui décide de ne pas pratiquer une religion est également protégée par cette même Charte, car sa liberté de conscience est reconnue à l’article 3. Le refus par l’Église catholique montréalaise de reconnaître ce droit est une situation qu’il serait intéressant de tester devant la Commission des droits de la personne dans le cadre d’une plainte.

Contactée sur cette question, la Commission hésite à donner son avis en l’absence de recours, mais indique que, règle générale, si une plainte devait être déposée contre Monseigneur Lépine et l’Archevêché de Montréal pour discrimination basée sur l’orientation sexuelle, car les déclarations de l’Église quant à la possibilité de changer cette orientation visent un groupe social dans son ensemble, elle serait certainement recevable au stade initial. Est-ce qu’une personne de la communauté gaie montréalaise aura le courage et la détermination de porter ces propos devant la Commission? Cela reste à voir !