FAUX MÉDICAMENTS De 15% à 70% de faux vendus sur le Web!

Ouest-france.fr

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 15% des médicaments en circulation dans le monde sont faux. 123 pays sont touchés. La situation varie d’une région à l’autre. Dans certains pays d’Afrique, la proportion de produits contrefaits ou falsifiés touche 70% des médicaments en circulation.

Introduits illégalement, ils sont vendus à  bas prix sur les marchés africains. Le trafic de faux médicaments générerait une manne de 75 milliards de dollars par an, 25 fois plus que le trafic de drogue. Si les pays émergents restent les plus touchés par les faux médicaments, ce fléau s’étend de plus en plus aux pays développés. Deux causes principales: l’avènement de la vente des médicaments sur Internet et la dérégulation des marchés qui entraîne une fragilisation du circuit de commercialisation. Le commerce en ligne expose le consommateur à un risque: la moitié des médicaments vendus sur Internet sont faux.

Dans les pays en voie de développement, le trafic concerne les médicaments de première nécessité: antipaludiques, antibiotiques, antituberculeux, antirétroviraux… Dans les pays riches, il vise plutôt les médicaments de confort qui sont écoulés via Internet: produits dopants, produits amaigrissants, produits visant à lutter contre les dysfonctionnements sexuels. Aux États-Unis, où la couverture sociale et le remboursement des soins ne sont pas systématiques, les trafiquants ciblent les médicaments à forte valeur ajoutée tels les anticancéreux et les facteurs de croissance.

La Chine, l’Inde et dans une moindre mesure la Russie, sont les principaux pays producteurs de médicaments contrefaits. Selon l’OCDE, 75% des contrefaçons mondiales de médicaments proviennent de Chine et d’Inde, et la moitié de ces produits transiterait par Dubaï. Singapour semble être la plaque tournante du conditionnement des faux médicaments. Un médicament falsifié ou contrefait est un produit sans principe actif, qui peut être sous ou sur-dosé. Il peut aussi contenir des substances toxiques, dont les conséquences peuvent être désastreuses: perte de la vue, infertilité, destruction des cellules de foie ou du rein….

«À partir du moment où un faux médicament n’est pas tracé, on ne sait pas d’où il vient et quel est le principe actif qu’il contient, les dégâts peuvent être énormes. Jouer avec un faux médicament, c’est tout simplement jouer avec une bombe», témoigne Jean-Théophile Banzouzi, Coordinateur Europe de l’ONG Médecins d’Afrique.