
Christophe Pilaire
Nous vous avons parlé d’hypnose dans ces pages depuis plusieurs mois, mais la saison de la Fierté gaie me donne l’occasion de vous parler de la « Fierté » à travers l’hypnose. L’hypnose offre des éléments extrêmement positifs en période de troubles, et j’ai constaté que la population LGBT+ est effectivement confrontée à des défis plus nombreux que la moyenne de la société. Cette population peut trouver de l’aide dans ces défis en se tournant vers des étapes qui lui permettront d’acquérir du recul, de l’introspection et une mise en perspective. Deux niveaux particuliers qui peuvent leur être bénéfiques sont l’hypnose assistée par un professionnel et l’autohypnose.
Dans le contexte de la question LGBT+, l’objectif est de favoriser le regain d’estime de soi, l’acceptation de soi et l’amélioration des relations intra-familiales, entre autres aspects.
Il est essentiel que les jeunes LGBT+ commencent à travailler sur leur estime de soi dès leur plus jeune âge. Les nombreux articles sur le harcèlement scolaire et le suicide chez les jeunes font souvent état de cas d’homophobie. Il est extrêmement difficile de résoudre immédiatement ces problèmes en ayant recours à la médication pour ces jeunes. Lorsque nous sommes confrontés à des troubles tels que la dépression ou l’anxiété, il est courant de se tourner vers les antidépresseurs et les anxiolytiques.
Cependant, il n’est pas aussi simple de le faire avec des enfants ou des adolescents. L’hypnothérapie et l’hypnose sont ainsi deux solutions intéressantes pour eux, avec des résultats significatifs en ce qui concerne l’amélioration générale de l’estime de soi.
Là où l’hypnose peut également être bénéfique pour les communautés LGBT+, c’est dans l’amélioration des relations professionnelles, afin d’éviter les pièges du burn-out. L’hypnose offre une alternative aux médicaments pour ceux qui continuent de vivre aujourd’hui une certaine « closettalité », malgré les avancées sociales réalisées grâce aux législateurs, il faut le reconnaître.
Un autre aspect à prendre en compte est l’approche de la parentalité et de la maternité chez les lesbiennes. De la même manière que le stress lié à la formation d’un couple LGBT+, l’homoparentalité peut bénéficier grandement de l’hypnothérapie. Un des domaines d’application fréquents pour les LGBT+ concerne l’acceptation du vieillissement, souvent associé au « syndrome de Dorian Gray ». Cela englobe également les changements corporels et les effets du rejet sur les réseaux sociaux à l’ère des rencontres instantanées. En tant que personne homosexuelle, il est important d’apprendre à vieillir. Bien que cela ne soit pas exclusif aux LGBT+, cette expérience peut prendre une forme particulière qui peut être atténuée par l’hypnothérapie et l’autohypnose, en réduisant la pression et en aidant à remettre en perspective des objectifs qui pourraient devenir excessifs. Prenons par exemple la pratique du sport, qui peut devenir chez certains hommes gais presque obsessionnelle. Il y a une pression constante pour être toujours plus musclé, plus bronzé, plus imposant, ce qui peut entraîner un cercle vicieux difficile à vivre. C’est là que l’hypnose peut intervenir de manière efficace pour aider à briser ce schéma.
Même face aux dépendances telles que l’alcool, le cannabis, la nourriture ou la pornographie en ligne, on constate d’excellents résultats en utilisant l’hypnose et l’autohypnose pour reprendre le contrôle de sa vie. Même dans le contexte de la question trans et de l’identité trans, des résultats positifs sont observés. Joyeuse Fierté !