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Le terme « homosexualité » datant de la deuxième moitié du XIXè siècle, on s’est demandé dans quelle mesure l’opposition homosexualité/hétérosexualité peut validement être utilisée pour étudier les époques antérieures, en particulier pré-modernes. Le courant essentialiste considère que ces deux catégories existent de manière implicite dans toutes les sociétés, alors que pour le courant constructionniste, il s’agit d’une construction culturelle occidentale qui ne peut s’appliquer qu’après le XIXè siècle.
L’approche défendue sur la base des travaux de Kenneth Dover (1920-2010) et de Michel Foucault (1926-1984) affirme que le concept d’homosexualité n’a pas de consistance concernant l’Antiquité: les relations sexuelles ne sont pas définies selon des critères biologiques (identité ou différence sexuelle des partenaires), mais selon des critères sociaux, à savoir l’adéquation entre l’usage d’autrui pour le plaisir charnel et sa place dans la structure sociale.
Dans la mythologie égyptienne, le dieu Seth avait séduit son neveu Horus et l’avait attiré dans son lit pour le ridiculiser d’avoir tenu le rôle passif devant les autres dieux (les dieux comme les aristocrates se devaient d’avoir un rôle actif).
Les peuples ayant précédé Israël semblent avoir pratiqué la prostitution féminine et masculine rituelle au service de Baal ou Ba’al (hébreu : בָּעַל, Báʿal, qui signifie seigneur) et d’Astarté ou Ashtarot (עשתרת) en hébreu, et la Bible condamne les pratiques idolâtres. Babylone est qualifiée de « prostituée ». Sous le règne de Roboam, fils de Salomon, les textes rapportent que la prostitution masculine était officielle dans le pays.
Dans l’Empire perse, les pratiques homosexuelles sont largement attestées, surtout entre un homme adulte et un eunuque. Quinte-Curce indique ainsi qu’ils sont « habitués, eux aussi, à servir de femmes. » On connaît en particulier les amours des Grands Rois et de leurs eunuques favoris: ainsi de Darius III et du jeune Bagoas, qui sera également l’amant d’Alexandre le Grand, ou d’Artaxerxès II et du jeune Tiridatès. Alexandre le Grand est également lié à Héphaestion, général macédonien, décrit comme son amant.
Selon le psychanalyste Georges Devreux, la société grecque antique, profondément homophobe, ne tolérait pas que l’on s’écarte du cycle éromène (eromenos), éraste (erastes), époux et père de famille: les hommes efféminés ou les « coureurs de garçons » étaient méprisés. Au contraire, selon l’historien Bernard Sergent, l’homo-sexualité constitue un comportement social auquel se livrent « les meilleurs et les plus puissants » dans une civilisation où «l’attirance pour un sexe n’est nullement exclusive de l’attirance pour l’autre chez les mêmes personnes».
Des témoignages d’auteurs grecs s’étonnent, d’une façon inattendue, compte tenu de leurs propres traditions et de l’importance des amours masculines dans la civilisation celte. Les travaux de Bernard Sergent montrent que les Celtes partagent avec les Grecs la tradition de pédérastie initiatique jugée indispensable à la formation du jeune guerrier.