Roger-Luc Chayer
La période des fiertés gaies, qu’elles soient de Montréal, de Québec ou de nombreuses autres villes en Amérique ou en Europe est souvent propice au passage à l’acte en matière de suicide chez les jeunes hommes gais. Est-ce inévitable?
Car ce sont en effet les images associées à ces célébrations, que certains médias sélectionnent délibérément pour susciter le ridicule, qui sont celles qui sont retenues par de jeunes garçons en début de vie gaie et, ne s’identifiant pas à ces excès et exagérations, en viennent à vouloir se suicider pour ne pas devenir comme ce qu’ils voient.
Si cette période faste et joyeuse chez les communauté gaies du vaste monde ne devait servir qu’à une chose, elle devrait servir de message aux jeunes homosexuels. Cette période devrait servir de vitrine médiatisée pour donner des images réelles et positives de ce que nous sommes collectivement. Nos réalisations dans le domaine intellectuel, dans les médias, dans la culture, dans les sports, dans la médecine, la science, partout là où nous excellons. Pour que ces jeunes qui ne voient que du noir dans ce qu’ils pensent être, découvrent qu’en fait, l’avenir est positif et leur est hyper ouvert. Le monde n’attend que ces jeunes gais pour avancer, leur suicide nous coûte trop cher, et quand ils sont morts, il est trop tard.
Alors je propose à mes collègues des autres médias cette année de laisser tomber les pantalons de cuir, les chaps de cuirette avec de vieilles fesses dégradantes, de laisser les exagérations et les extrêmes de côté quand vient le temps de parler de nous et de plutôt offrir comme images, des gens heureux, simples, des couples gais avec des enfants, des personnalités publiques à l’influence positive et peut-être, je dis bien peut-être qu’on arrivera à sauver des vies.