
Roger-Luc Chayer (Image IA / Gay Globe)
En toute objectivité, hier soir, alors que je m’attendais à assister à une parade militaire digne des grandes armées du monde, j’ai plutôt été témoin d’une farce monumentale qui n’a semblé réjouir que Donald Trump et ses fidèles associés.
L’événement avait été organisé dans le cadre du 250ᵉ anniversaire de la création de l’armée américaine, coïncidant — par le plus pur hasard — avec le 79ᵉ anniversaire de naissance du président américain. En réalité, il s’agissait surtout d’un caprice jaloux, voire maladif, de sa part : celui de pouvoir, lui aussi, présenter une parade militaire comme celles de la France le 14 juillet, de Londres lors d’un événement royal, de la Russie lors des commémorations de la Seconde Guerre mondiale, ou encore de son ami de Corée du Nord.
Or, le but d’une parade militaire est justement de faire défiler ses forces, de montrer ses meilleurs éléments — troupes, équipements, organisation — et d’en mettre plein la vue au public pour exalter la gloire nationale. Ce n’est pas un spectacle creux destiné à flatter l’égo surdimensionné d’un homme en mal d’adulation.
Ce que j’ai vu, en direct, représentait le pire scénario possible ! Faire défiler des milliers de personnes totalement désorganisées, dans une ambiance morose et loin d’être festive.
Tout d’abord, tous les équipements — camions, canons, chars, etc. — étaient de la même couleur : ce maudit vert kaki qu’on ne pouvait plus supporter à la fin. Aucun hélicoptère d’attaque digne de ce nom, aucun missile aux couleurs des États-Unis, aucun décor central mettant en valeur le drapeau américain. Non, tout était kaki, jusqu’aux uniformes des soldats-figurants.
Ne me faites pas croire que les soldats américains ne possèdent pas d’uniformes d’apparat ! Toutes les armées du monde ont des tenues de service pour le quotidien, et des uniformes cérémoniaux pour les grandes occasions.
Hier, à l’exception de quelques figurants portant des costumes d’époque, remontant jusqu’à la guerre de Sécession, tous les soldats étaient vêtus comme pour une simple journée d’exercice. Même les bottes semblaient sales. C’était un désordre total, une véritable démonstration de négligence, indigne d’une puissance militaire qui prétend impressionner le monde.
Même les décorations de chaque côté de la rue et autour de l’estrade présidentielle étaient d’une tristesse affligeante : de simples drapeaux noirs accompagnés d’un maigre logo blanc. L’ensemble avait des airs sinistres, presque bolchéviques à outrance. À un certain moment, on en venait à se demander : mais que devait donc signifier cette monumentale farce ?
Voici mes principales observations :
La quasi-totalité des militaires ne marchaient pas au pas, regardaient partout et semblaient totalement désintéressés. À tel point que je me suis demandé s’il ne s’agissait pas de figurants engagés pour gonfler les rangs des prétendus militaires.
Pendant de longs moments, le président Trump, la première dame et son ministre de la Défense semblaient s’ennuyer ferme. Le président est même allé jusqu’à bailler aux corneilles — en direct, devant les caméras.
Beaucoup de militaires défilaient simplement à pied, sans armes. Craignait-on un attentat ?
Dans plusieurs cas, les uniformes étaient mal ajustés, beaucoup trop grands. Les cols restaient ouverts, les pantalons pendouillaient jusqu’au sol : un vrai manque de soin.
L’état physique des « soldats » n’avait rien d’impressionnant. Une majorité d’entre eux étaient soit obèses, peinaient à marcher à cause de leur surcharge pondérale, soit de très petite taille — pas exactement l’image de force et de discipline qu’on attend d’une armée en représentation.
Aucun peloton n’a marché en cadence : chaque individu avançait à son propre rythme, manifestement indifférent aux ordres du sergent en tête.
Quant au public, il était tout simplement absent. Tout au long de la diffusion officielle, on ne voyait qu’une poignée de personnes autour de l’estrade présidentielle. On était bien loin des 250 000 spectateurs annoncés.
Enfin, à la fin de l’événement — toujours en direct — on a pris soin de resserrer les soldats les uns contre les autres pour le concert, afin de donner l’illusion d’un groupe nombreux. Mais comme le disaient si bien nos grands-parents : « Quand t’as pas beaucoup de beurre, étends-le ! »
Hier soir, ce à quoi nous avons assisté tenait davantage du cirque Bouglione, avec ses clowns et ses éléphants, que d’un défilé militaire digne de ce nom. On était à des années-lumière de l’ordre et de la rigueur des grandes parades militaires internationales.
Tout compte fait, ce défilé était une parfaite métaphore de son président : désorganisé, confus, brouillon… et parfaitement risible.
Tous les défilés de la Fierté LGBTQ+ à travers le monde sont mieux organisés. Il ferait mieux de nous consulter la prochaine fois, plutôt que de nous effacer !
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