LE COURRIER DES LECTEURS

Je suis une lectrice assidue de votre magazine depuis des années et je remarque toujours, à chaque édition, la qualité de vos textes à vous Monsieur Chayer et la profondeur de la réflexion qu’ils suscitent chez moi. Vous me faites toujours réaliser plein de choses et je me demandais si vous aviez une formation en littérature pour écrire avec ce style si unique?
Manon Z., Montréal

Bonjour Manon, pas du tout. Je n’ai aucune formation en littérature ni en journalisme. Ma formation en est une de 3e cycle universitaire en musique classique, cor et orchestre de chambre et une longue expérience en journalisme.
Roger-Luc Chayer, éditeur

Outré serait un mot bien faible pour qualifier mon niveau de colère après avoir lu votre article sur les privilégiés de l’enfer, ces gens qui pouvaient circuler librement pendant le couvre-feu à Montréal du simple fait qu’ils étaient des narcomanes. Je voudrais bien savoir qui prend de telles décisions et qui autorise ça?
Jacques K., Longueuil

Bonjour Jacques, ce n’était pas qu’à Montréal en passant, mais dans tout le Québec. J’ai tenté de savoir qui avait autorisé cela, d’où pouvait venir une telle directive, mais tout le monde se lance la balle. La Santé publique nationale lance au ministère de la santé, qui réfère à la Sécurité publique, etc. Même si cette directive choque énormément de lecteurs, j’en comprends un peu la logique. Ce que voulait absolument éviter l’État, c’était que des centaines d’itinérants et de narcomanes, en manque de drogues ou en psychose, inondent les urgences des hôpitaux alors qu’au plus fort de la pandémie, il n’y avait pratiquement plus de ressources dans le domaine de la santé. Le seul moyen logique d’éviter un afflux de psychotiques en crise ou de gens en sevrage involontaire dans le système de santé était de leur permettre de circuler à toute heure du jour avec un papier d’un travailleur social ou d’un personnel médical pour accéder à leurs drogues habituelles ou à leurs centres supervisés. Moralement, on peut s’insurger sur ce choix de société, mais logiquement, dans les circonstances que nous connaissions, je crois que c’était le mieux à faire. Il y a eu des abus, des escortes qui allaient faire des clients la nuit avec de faux papiers, mais ça, c’est un autre sujet…
Roger-Luc Chayer, éditeur

Tout le monde peut voir l’état du Village depuis quelques années et surtout depuis la pandémie, son abandon, son manque de fierté et d’initiative de la part des dirigeants qui ne semblent rien vouloir faire sauf encaisser leur salaire. Si les gais désertent le Village, où sont-ils rendus?
Matt L., Montréal

Bonjour Matt, Le Village vit des moments difficiles actuellement et alors que le comté le plus pauvre du Canada était Hochelaga-Maisonneuve jusque dans les années 2010, le Village détient depuis le funeste titre, rien qu’à voir on voit bien… Où sont rendus les gais? Les communautés LGBTQ+ ne sont pas parties sur une autre planète, elles sont simplement là où on les respecte et où on respecte leurs engagements sociaux et économiques. Physiquement, la rue Masson, l’avenue du Mont-Royal Est et le Mile-End sont les endroit où se regroupent maintenant les communautés LGBTQ+ pour y vivre et développer leur environnement. Les LGBTQ+ sont aussi beaucoup sur le web avec de très nombreuses pages et groupes Facebook, comptes Twitter et sites de rencontres. Le monde évolue, mais clairement dans le cas de la communauté gaie, c’est leur abandon par les autorités et organismes du Village gai de Montréal qui est la cause de leur désaffection. Quand on regroupe l’ensemble de tous les problèmes sociaux du Québec dans un périmètre précis et que vous forcez les investisseurs, les commerçants, et les résidents à côtoyer des itinérants qui dorment autour de leurs commerces, dans leurs entrées et que la drogue se vend en plein jour sous le nez des policiers, ça donne le trou noir actuel!
Roger-Luc Chayer, éditeur

Monsieur Chayer, est-ce qu’il est encore possible de s’abonner à la revue papier et à quel prix?
Manu J., Montréal

Nous n’offrons plus ce service beaucoup trop onéreux à cause des frais de Postes Canada. Vous pouvez vous abonner au PDF gratuitement à Gayglobe.net.
Roger-Luc Chayer, éditeur