Roger-Luc Chayer
Suite à la publication dans l’édition #110 de Gay Globe Magazine d’un éditorial sur la transitude et d’un article sur l’aberration trans dont se plaignait une victime, les réactions ont été rapides et relativement agressives de la part de certains représentants de la communauté trans.
Il est vrai que dès que l’on traite de la question trans, peu importe l’angle et surtout si on se questionne collectivement sur le sujet ou les différentes approches médicales ou sociales possibles, certains membres de groupes communautaires pro-trans se comportent en «bully» et répondent systématiquement avec des mots qui ne devraient pas être prononcés publiquement. C’est ce qui m’est arrivé sur Twitter il y a quelques jours.
Un petit groupe de personnes composé de sympathisants, d’une psychologue clinicienne et de militants trans français lançait une attaque totalement gratuite à mon intégrité sans même se soucier de mon traitement global de la question trans au fil des années. Certains criaient à la transphobie, accusaient Gay Globe de vouloir nuire à la cause trans, d’autres m’insultaient personnellement mais 80% des attaques ne venaient que d’une seule personne qui analysait chaque mot des articles ou de mes explications en y voyant un complot de ma part pour éradiquer la «culture trans» de la planète ou presque. Essentiellement, c’est le mot «aberration» du titre de notre article «L’aberration trans» qui choquait le plus ces personnes. Inutile de reproduire les termes utilisés par certaines personnes ici. C’est donc avec une infinie patience que j’ai décidé de répondre à l’attaque de ces adeptes du «mobbing» (attaque de groupe). L’utilisation du mot «aberration» venait donc de la personne interviewée, Lucille, qui voyait dans sa décision de se faire opérer et dans ses regrets subséquents une aberration dans sa vie. (Larousse. Aberration: Accès de folie, égarement, grave erreur de jugement; absurdité). Bref, il ne s’agissait pas d’une conclusion de l’auteur de l’article mais bien ce que ressentait Lucille suite à sa décision qu’elle regrettait. J’ai aussi rappelé la fin de mon éditorial #110 qui disait: «Pour s’y retrouver il faut l’expliquer avec la plus grande ouverture d’esprit possible et les militants comme les lecteurs doivent garder notre mandat en tête. Parler d’une théorie ne signifie pas qu’on y adhère, loin de là!». Le débat s’est calmé par la suite quand j’ai expliqué que depuis plus de 20 ans je traitais de la question trans dans tous ses aspects et que depuis le début, le mot «aberration» était utilisé par une grande association française de personnes trans, CARITIG, qui disait que le fait de vivre dans un corps d’homme tout en étant une femme était une aberration, ce qui est logique. Le débat s’est terminé ainsi sans d’autres interventions…
Cette affaire met en évidence des faits indiscutables à propos de l’approche de certaines communautés trans. On utilise presque toujours la survictimisation, l’hyper-victimisation voire l’hyper-revendication pour forcer l’opinion publique à avoir la même vision que ces groupes en cognant sur la tête de ceux qui veulent ouvrir la voie à d’autres discours ou théories. En psychologie, ce qui s’est passé relève visiblement de la crise d’hystérie communautaire. Selon le site Psychologie.psyblog.net «La névrose hystérique est une pathologie qui a toujours débattu des rapports entre le corps et l’âme. Il s’agit d’une névrose caractérisée par une hyper-expression somatique (conversion en symptômes physiologiques) des idées, des images et des affects inconscients.» Nous reviendrons dans une prochaine édition sur une analyse plus complète de la question de la survictimisation trans…