PREMIÈRE ICÔNE GAIE

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Né à Narbonne, en Gaule, saint Sébastien est citoyen de Milan, en Italie. Militaire de carrière, il est pris d’affection par les empereurs Dioclétien et Maximien Hercule, qui le nomment centurion.

Dans un contexte de persécutions contre les chrétiens, il est pourtant exécuté sur ordre des souverains pour avoir soutenu ses coreligionnaires dans leur foi et accompli plusieurs miracles. D’abord attaché à un poteau et transpercé de flèches, il est finalement tué à coups de verges après avoir miraculeusement guéri la première fois. Patron des archers, des fantassins et des policiers mais aussi troisième patron de Rome (avec Pierre et Paul), saint Sébastien est surtout invoqué pour lutter contre la peste et les épidémies en général. Souvent représenté dans les arts, il est devenu un symbole homoérotique à la Renaissance avant d’être considéré comme une icône homosexuelle à partir du XIXe siècle. D’après La Légende dorée, une terrible peste frappe la péninsule italienne « au temps du roi Humbert » et la ville de Pavie en est la principale victime. Alors que les morts s’accumulent, un ange se manifeste aux habitants de la cité pour leur apprendre que l’épidémie prendra fin une fois qu’un autel dédié à saint Sébastien y aura été élevé. Une fois l’autel édifié dans l’église de Saint-Pierre-aux-Liens, la peste disparaît et des reliques de saint Sébastien sont transportées de Rome à Pavie, pour honorer le martyr. Selon certaines sources, le corps de saint Sébastien aurait été transporté de Rome à Soissons, en l’abbaye Saint-Médard. Ses ossements ont ensuite été disséminés à la cathédrale Saint-Protais-et-Gervais, à Hartennes, Serches, Cœuvres (1793), Saponay, Montigny-Lengrain (1857), Margival (1792).

Pour d’autres, le corps de saint Sébastien est toujours au Vatican. Il aurait été transféré, en 826, des catacombes pour être transféré près de la basilique qui lui est dédiée à Rome, sur la via Appia. Le crâne a été confié à Ebersberg en Allemagne. Les bénédictines y ont fondé un monastère, le plus important lieu de pèlerinage de saint Sébastien en Allemagne. Des reliques de saint Sébastien sont dispersées dans des églises catholiques de tous les continents.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, c’est dans la littérature que la figure de saint Sébastien s’impose. Des écrivains homosexuels comme Walter Pater, Oscar Wilde, John Addington Symonds, ou John Gray adoptent alors le personnage du martyr, qui se transforme, sous leur plume, en motif organisateur ou en simple représentation du paria. Les photographes homosexuels aussi s’emparent de la figure de saint Sébastien. Frederick Holland Day réalise ainsi plusieurs clichés représentant le martyre sous les traits de beaux adolescents musclés entre 1905 et 1907. Il en va de même pour Oscar Gustave Rejlander, qui réalise, vers 1867, un Martyr de saint Sébastien dont la critique ne manque pas de remarquer la musculature, ou pour Elisar von Kupffer, qui prend plusieurs auto-portraits en saint Sébastien avant de les traduire en peintures. On le retrouve ensuite chez Tennessee Williams, qui publie un poème intitulé San Sebastiano de Sodoma, dans lequel le martyr est présenté comme l’amant de Dioclétien. L’écrivain japonais Mishima est quant à lui fasciné par le portrait de saint Sébastien, depuis sa découverte, à l’adolescence, d’une reproduction du martyr par Guido Reni. Par la suite, la figure de Saint Sébastien est utilisée par une multitude d’artistes homos, parmi lesquels on peut nommer le couple de photographes français Pierre et Gilles.

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