
Santé Canada (Image: IA – Gay Globe)
Contexte : Il est important de mesurer les tendances en matière d’utilisation de la prophylaxie préexposition au VIH (PPrE-VIH) afin d’alimenter la planification des programmes et des politiques de prévention. Le concept de ratio PPrE-aux-besoins est utilisé par les organismes de santé publique pour examiner les disparités dans l’offre de PPrE-VIH entre les zones géographiques et les catégories démographiques (e.g., l’âge, le sexe).
Méthodes : Cette étude rétrospective de base de données recourt à des données administratives de pharmacies provenant de neuf provinces et contenant des renseignements démographiques limités. Les estimations annuelles du nombre de personnes bénéficiant d’une PPrE-VIH ainsi que le ratio PPrE-aux-besoins ont été générés à partir des données de la société IQVIA et du BC Centre for Excellence in HIV/AIDS (BC-CfE). Les données sur les nouveaux diagnostics de VIH ont été obtenues auprès du système national de surveillance du VIH. Le ratio PPrE-aux-besoins a été défini comme le nombre d’utilisateurs de la PPrE-VIH divisé par le nombre de nouveaux diagnostics de VIH par an et est interprété comme le nombre de personnes séronégatives utilisant la PPrE-VIH chaque année pour chaque personne nouvellement diagnostiquée comme étant séropositive.
Résultats : En 2021, on estime que 23 644 personnes ont eu une prescription de PPrE-VIH, ce qui correspond à une prévalence de la PPrE-VIH de 66,9 pour 100 000 personnes. Ce nombre représente une multiplication par 1,8 depuis 2018. Le ratio PPrE-aux-besoins était de 16,8, ce qui signifie que pour chaque personne nouvellement diagnostiquée avec le VIH, 17 personnes séronégatives prenaient une PPrE-VIH. Des disparités ont été observées entre les provinces (Intervalle de ratio PPrE-aux-besoins : 1,5/100 000–37,7/100 000) et entre les personnes de sexe masculin et féminin (ratio PPrE-aux-besoins : 22,6 et 1,2, respectivement). Les personnes de sexe féminin, les personnes âgées de 0 à 19 ans et les habitants du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Île-du-Prince-Édouard présentaient moins d’utilisation de la PPrE-VIH par rapport aux besoins épidémiques.
Conclusion : Au Canada, l’utilisation de la PPrE-VIH a augmenté entre 2018 et 2021, et l’adoption de la PPrE-VIH a varié en fonction de l’âge, du sexe et de la province. Le ratio PPrE-aux-besoins facilite l’évaluation de l’adoption de la PPrE-VIH en tant que stratégie de prévention et pourrait être utilisé pour explorer les disparités dans l’offre entre les provinces et les catégories démographiques disponibles. Toutefois, le ratio pourrait être amélioré si l’on disposait de plus de données sur les populations clés et d’autres attributs tels que la race/l’ethnicité, le statut socio-économique et le lieu de résidence (zone urbaine/rurale).
PUBLICITÉ
