Les annonceurs du magazine Être choqués par la publicité pornographique de Wega vidéo

Les annonceurs du magazine Être, une publication destinée à la communauté homosexuelle et distribuée dans les présentoirs de journaux gratuits à Montréal, se disent profondément choqués de voir leur publicité côtoyer un encart publicitaire du club vidéo Wega vidéo aux photos pornographiques crues et explicites. Ces images montrent des gros plans de sexes masculins et des couples homosexuels en pleine action, sans aucune précaution pour cacher les parties intimes des figurants, ce qui a suscité un malaise important.

Parmi les annonceurs, plusieurs élus de l’arrondissement Ville-Marie ont exprimé leur stupéfaction. Le conseiller Sammy Forcillo ne cachait pas son étonnement : « Je suis estomaqué. Nous faisons très attention à ce genre de chose dans nos publicités. On a des valeurs que l’on tient à préserver. » Le responsable du placement publicitaire, Jean-Yves Duthel, partageait ce point de vue en qualifiant la situation de « très mauvais goût », précisant qu’il n’avait pas le contrôle sur tout le contenu publicitaire dans les médias où ils annoncent.

Cette situation a conduit M. Duthel à promettre qu’il consultera les élus à ce sujet et qu’il prendra contact avec l’éditeur du magazine. Il s’agit d’un premier incident de ce type pour eux, bien qu’ils aient déjà commandé une publicité pour le prochain numéro. L’éditeur André Gagnon, pour sa part, affirme que l’encart publicitaire n’aurait jamais dû être publié, expliquant qu’il avait averti l’annonceur de ne pas inclure de matériel explicite, mais la publication de l’encart et du magazine ont eu lieu simultanément, sans qu’il puisse intervenir à temps.

Un autre annonceur, Guy Ménard, directeur adjoint à la Caisse populaire du Quartier latin, souhaite également s’entretenir avec l’éditeur afin de garantir que ce genre d’incident ne se reproduira pas. Tout en respectant la personnalité et la diversité de la communauté homosexuelle, il demande un peu plus de retenue dans les contenus diffusés, surtout dans une revue distribuée librement dans les cafés et restaurants de la ville.

Le débat soulève aussi une question importante liée à la protection des mineurs. Bernard Plante, directeur des communications de la Société de développement commercial du Village, souligne que des revues gratuites peuvent être accessibles à des personnes de tous âges et que le règlement municipal est clair : tout imprimé érotique doit être placé hors de la vue du public, à une hauteur minimale de 1,5 mètre, ou dans un espace réservé. La diffusion non contrôlée de ces images pose donc un réel problème éthique et légal.

Alors que le magazine Être célèbre son dixième anniversaire, cette polémique rappelle que la diffusion de contenu à caractère sexuel dans des médias gratuits nécessite une vigilance accrue, tant pour la protection des mineurs que pour le respect des valeurs affichées par les annonceurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *