
Roger-Luc Chayer
Le 1er février dernier, lors d’un mini remaniement à la Ville de Montréal, la mairesse Valérie Plante a nommé Robert Beaudry comme responsable du dossier de l’itinérance, en remplacement de la conseillère Josefina Blanco, élue dans Rosemont.
Il est évident, comme le dit l’expression québécoise classique, qu’il ne faut pas avoir la tête à Papineau pour comprendre que Madame Blanco n’a jamais été en mesure d’apporter la moindre amélioration à ce dossier, devenu le problème social numéro un, non seulement sur le territoire de la Ville de Montréal, mais aussi dans la grande région, y compris Laval, la Rive-Nord et la Montérégie, qui sont également confrontées à des problèmes liés à l’itinérance.
L’argument avancé par la mairesse Plante pour nommer son ami Robert Beaudry à ce poste est qu’il a, par le passé, « travaillé avec les organismes de lutte contre l’itinérance et qu’il possède une compréhension approfondie de la question, en plus d’avoir occupé un poste de conseiller municipal au sein de l’arrondissement de Ville-Marie« . Quelle magnifique référence, en effet! Si seule-ment c’était crédible. Pourquoi remettre en question l’affirmation de la mairesse? Parce que Monsieur Beaudry, maintenant qu’il est officiellement responsable du dossier de l’itinérance, est le moins susceptible de produire le moindre résultat positif.
Tout d’abord, Robert Beaudry est déjà conseiller municipal pour le district de St-Jacques, incluant le centre-ville de Montréal, et il appartient au même parti politique (Projet Montréal) que la mairesse non-élue de l’arrondissement de Ville-Marie ainsi que la conseillère du district de Ste-Marie, également membres de Projet Montréal.
Selon wikipédia, « Le conseil de l’arrondissement de Ville-Marie présente certaines particularités par rapport aux autres conseils d’arrondissement. Plutôt qu’avoir son propre maire d’arron-dissement, cette fonction est occupée ex officio par le maire de Montréal. En plus d’un conseiller de la ville élu pour chacun des trois districts électoraux de l’arrondissement, le conseil d’arrondis-sement est complété par deux autres conseillers de la ville (élus dans d’autres arrondissements) qui sont désignés par le maire ». Il s’agit donc du seul arron-dissement de Montréal où certains représentants ne sont pas élus, mais disposent néanmoins du droit de vote sans devoir rendre de comptes à la population ou aux électeurs. Quel résultat cela donne-t-il? Il suffit de regarder l’état actuel du Village pour le constater.
Robert Beaudry est en poste dans l’arrondissement depuis 2017, et nous sommes en 2024. Avait-il vraiment besoin de cette nomination début février pour tenter de résoudre la situation catas-trophique de l’itinérance à Montréal? Bien sûr que non! Est-ce qu’il pouvait et devait le faire avant? Bien sûr que oui!
Malgré mes nombreuses consultations auprès des résidents et des commerçants concernant cette nomination, personne n’y croit, étant donné que Monsieur Beaudry s’était déjà engagé spécifiquement envers le Village par le passé. Des promesses, encore des promesses, mais à Montréal, c’est maintenant la norme n’est-ce pas?